Amazon et ses manuels scolaires qui ne passent pas les frontières

Julien Helmlinger - 21.08.2013

Edition - International - Amazon - Manuel scolaire - Numérique


Le géant de l'e-commerce n'en finit plus avec les scandales, et cette fois, c'est un nouveau programme de location de manuels scolaires numériques qui est en cause. Certains observateurs avertis, de ceux qui se donnent la peine de lire ces caractères minuscules qui se glissent souvent dans les contrats d'utilisation, se sont rendu compte qu'un usager n'avait pas la possibilité d'utiliser son textbook depuis un autre État que dans celui où il aurait fait sa location légale par le biais de l'offre Warehouse Deals d'Amazon.

 

 

 

 

Si a priori une telle mesure ne semble avoir aucun sens, Kenneth C. Green, directeur fondateur du Campus Computing Project, y est allé de sa propre théorie. Selon lui, la clause s'apparenterait à une stratégie du type de la Loi Mann, adoptée en 1910 et qui visait à lutter contre la « traite des blanches » en interdisant le transport des femmes entre États à des fins jugées immorales. Mais stratégie qui serait désormais déclinée par Amazon pour éviter à la société d'être trop présente dans les États où elle cherche à esquiver les taxes.

 

Là où le bât blesse, c'est que cette clause discrète serait susceptible de mettre en cause des milliers d'étudiants, devenus de potentiels hors-la-loi pour avoir en toute innocence passé une frontière avec leur manuel scolaire.

 

Ces fameux petits caractères du contrat, indiqueraient que la firme peut à sa propre discrétion facturer l'infraction au tarif du manuel numérique... dont la location est déjà payée. À titre d'exemple, si l'on considère le prix de location d'un certain livre de chimie tarifé 54,58 $, pour un prix de vente de 150,49 $, l'étudiant imprudent qui aurait osé réviser ses cours en voyage, se retrouverait sanctionné à hauteur de 96 $. Une équation commerciale qui ne semble pas équitable.