Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Amazon et Slate : une véritable histoire d'amour

Clément Solym - 01.10.2012

Edition - Economie - amazon - slate - apple


Mais pourquoi tant de haine envers Amazon ? « Acheter des livres sur Amazon vaut mieux pour les auteurs, mieux pour l'économie, et mieux pour vous ». Une ironie bien trempée ? Même pas. Et quand on revient à nouveau sur le titre en comprenant cela, « Ne soutenez pas votre libraire local », on se dit que la publicité peut faire bien des ravages.

 

 Tour Eiffel et couronne

Le roi Amazon, en France

Zigazou 76 CC BY 2.0

 

 

Maintenant que les bases sont posées, on peut le dire : que tous les amoureux du site Amazon s'abonnent à Slate.com ou Slate.fr, et ce sera là une bonne aubaine, tant que ceux-ci ne militent pas pour la liberté d'expression dans les journaux. On l'aura compris, et c'est d'ailleurs énoncé clairement dans certains articles, l'économie génère la louange : « Révélation : Slate est affilié à Amazon ; quand vous cliquez sur un lien Amazon depuis Slate, le journal obtient une part sur les ventes », déclare noir sur blanc Slate.comlui-même.

 

Ainsi, et on est averti, on se s'étonne plus lorsque l'on trouve des informations comme « Comment le nouveau Kindle va révolutionner les livres, les films et les jeux », ou encore « Amazon plus fort qu'Apple » avec une image victorieuse et souriante de Jeff Bezos brandissant le nouveau Kindle Paperwhite à Santa Maria, lors de la conférence organisée le 6 septembre. D'ailleurs, Slate est heureux de nous apprendre que « Bezos était rayonnant lorsqu'il a montré de quelle manière Amazon est en train de réinventer le marché du livre ».

 

Bon, le Journal tient quand même à défendre ses opinions : « Amazon vient de faire une crétinerie, et il mérite tout le mépris que vous voulez lui infliger », déclarait un journaliste de Slate.com lors de la sortie, en décembre 2011, de l'application Price Check et des techniques mises en œuvre par le groupe Amazon. Néanmoins, cela pour mieux analyser, en faveur du groupe, l'opposition libraires locaux et physiques / Amazon.

 

Ainsi, au nom d'une critique qui servira plus à noter les points positifs d'Amazon qu'à le dénigrer instantanément, Slate propose un panorama agréable de la société où nous pourrions trouver les avantages que nous n'arrivons pas toujours à saisir avec nos œillères. Et parfois, ne doutons pas, ça doit permettre de respirer un peu.

 

Pas d'inquiétude quant au sort des libraires qui, aujourd'hui il faut le dire, s'en sortent mal. Et même, parfois, très mal. Si l'on broie trop du noir, on met un œil dans Slate, et là, on nous rassure : en payant moins cher (ce que permet Amazon), on peut s'offrir de vraies expériences culturelles collectives, comme le musée ou le cinéma. « Acheter Steve Jobs dans un magasin dans la rue ne permet pas ça », ajoute le Journal.

 

Car, il y en a assez de dire que « seuls les libraires s'occupent de faire vivre la littérature et pas amazone ». On le comprend bien.

 

Surtout qu'une politique de baisse des prix permet d'acheter plus de livres, qu'il est dit que les gens qui achètent sur Kindle consomment deux fois plus que s'ils prenaient du livre papier, que le système d'auto-édition incite les auteurs à écrire plus, qu'enfin, Amazon « n'offre pas de banquettes confortables pour contempler les dernières sorties », mais qu'il permet d'acheter des livres quand on veut. Et que, loin de tuer la Littérature, « en fait, c'est probablement la seule chose qui la sauve ».

 

Promis, on ne bouillonne pas.

Argh !