Amazon et The Book Depository rendent l'Australie nerveuse

Clément Solym - 06.07.2011

Edition - Economie - australie - librairies - book


Le rachat de la société The Book Depository sonne une nouvelle fois le glas pour des librairies traditionnelles, alors qu'il conforte la position dominante d'Amazon dans le secteur du livre.

Pour les libraires australiens, la nouvelle est d'autant plus mauvaise, qu'elle coïncide avec plusieurs mois de faillites ou de fermetures un peu partout, que ce soit chez les vendeurs physiques ou pour les boutiques en ligne. Ainsi, le groupe Angus & Robertson, avait annoncé 34 licenciements - et en parallèle, la situation financière du groupe Borders était au plus bas, début juin encore.

S'il fallait en ajouter une couche, le ministre fédéral des petites entreprises, Nick Sherry, avait eu une petite réflexion des plus amères : « Je pense que dans cinq ans, nous ne trouverons plus dans la ville de librairies, autres quelques-unes spécialisées, elles cesseront d'exister. »

De quoi faire hurler la profession, qui se voyait prise pour cible et pour exemple, alors que le ministre voulait simplement évoquer l'incidence du commerce en ligne sur les boutiques physiques. (notre actualitté)

Et voilà que là-dessus, Amazon rachète donc The BOok Depository. Selon différentes sources, les Australiens dépenseraient sur les deux sites près de 250 millions $ AU chaque année, en achats de livres imprimés.

Le PDG de l'Australian Booksellers Association, Joël Becker traduit toutes ces informations dans une synthèse simple : « Tous les deux nous rendent déjà nerveux, donc ensemble, ils nous rendent encore plus nerveux. » Et lorsque la concurrence craque et se fissure, la concrétisation d'une telle acquisition a véritablement de quoi donner des sueurs froides aux uns et aux autres.