Amazon, l'éditeur qui traduit le plus de livres aux États-Unis

Clément Solym - 20.05.2015

Edition - International - traduction Amazon - éditeurs américains livres


Le marché américain reste particulièrement complexe à pénétrer pour les éditeurs étrangers. La traduction n'est pas vraiment l'apanage de l'industrie du livre outre-Atlantique, plutôt encline à exporter sa production partout dans le monde. Des données présentées dans le New York Times vont alors faire très mal à l'exception culturelle française, autant qu'aux détracteurs du cybermarchand.

 

 

Good Friday

Ryan Racca, CC BY NC ND 2.0

 

 

Si l'on cherche l'éditeur qui publie le plus de traductions sur le territoire américain, inutile d'aller lorgner du côté des Big Five. Avec des titres venus de Turquie, de Corée ou d'Islande, AmazonCrossing est le plus important traducteur de littérature étrangère. Selon les données fournies par l'Université de Rochester, la firme de Jeff Bezos serait donc la plus importante source de traductions aux États-Unis.

 

Avec 70 nouvelles traductions en anglais et 200 en allemand, la société vise également une langue particulièrement importante à ses yeux : le français.

 

Les chiffres semblent pour autant ridiculement bas, mais en 2014, 600 livres de fiction et de poésie ont été traduits et publiés, ce qui reste considérablement plus qu'en 2009 : ils étaient alors 340. La réalité du marché américain serait que 0,7 % des livres sont des traductions. 

 

En outre, Amazon chercherait à exploiter des genres que la plupart des autres éditeurs ne font pas : ainsi romance, thriller, livres pour Young Adult, et autres choses de ce genre intéressent la firme. Certes, des titres qui n'ont pas une puissance littéraire capable de traverser les âges, peut-on relativiser, mais la traduction consiste à apporter des auteurs les plus diversifiés possible. 

 

Le plus grand succès serait d'ailleurs un ouvrage allemand d'Oliver Pötzsch, démontrant combien Amazon capitalise sur une certaine idée des ouvrages à commercialiser. « Nous avons remarqué que les livres d'Oliver obtenaient des critiques élogieuses des clients », note Sarah Jane Gunter, éditrice chez AmazonCrossing. 

 

 

 

 

La saga Die Henkerstochter a été traduite par Lee Chadeayne et publiée en 2010, et cette série a manifestement passé le million d'exemplaires, majoritairement à travers des ventes numériques. (via New York Times)

 

Depuis l'année 2012, AmazonCrossing serait d'ailleurs le plus important producteur de littérature traduite, et ce bien que les éditeurs américains se soient plus largement ouverts au fil du temps. Toutefois, en 2012, si l'on enregistrait 453 traductions, elles sont retombées à 300 l'année suivante, du côté de l'édition traditionnelle.