Amazon : la stratégie cynique du bouc émissaire pour s'acheter une virginité

Nicolas Gary - 03.04.2020

Edition - International - Amazon masques salariés - discrédit employé coronavirus - Jeff Bezos stratégie


L’actuelle stratégie du grand patron d’Amazon, Jeff Bezos, se tournerait moins vers la lutte contre le coronavirus que contre les… syndicats. Dans une note détaillée, on découvre toutefois les modalités de communication que la firme envisage, pour se sortir du marasme actuel.


 

Vice News vient de mettre à jour les réels centres d’intérêts de l’entreprise : attaquer Christian Smalls, un employé récemment licencié dans des circonstances plus que douteuses. L’idée est de le faire passer pour inepte et nuisible, dans une stratégie de relations publiques méticuleuse.
 

Communiquons, c'est un gros mot ?


Viré sans autre forme de procès en fin de semaine dernière, Christian Smalls incarne la résistance des salariés contre les méthodes d’Amazon. Quand les premiers se plaignent de conditions de travail désastreuses, sans aucun respect de règles sanitaires pour les prémunir contre le coronavirus, le second assure que ses entrepôts sont désinfectés.

Or, l’avocat David Zapolsky estime qu’il est préférable de focaliser l’attention sur Smalls, plutôt que de ressasser la manière dont les travailleurs seraient (ou pas) protégés. 

Au cours d’une réunion ce dimanche 29 mars, le vice-président Jay Carney précise la manière dont il s’exprimera auprès de CNN : « Nous passons en revue les évolutions dans le monde avec nos employés, nos clients et nos entreprises. Nous prenons également beaucoup de temps pour réfléchir à ce que nous pouvons faire d’autre sur le Covid-19. »

Pour cela, l’objectif serait d’acheter des millions de masques — Amazon en a obtenu près de 10 millions à cette heure, et 25 millions seraient en cours d’acheminement. 
 
Mais Smalls deviendrait le bouc émissaire idéal dans une vision plus globale : au motif qu’il n’avait pas respecté la quarantaine, après avoir été en contact avec une salariée positivement testée, l’ancien directeur adjoint du centre de Staten Island a dont été renvoyé. 
 

Discréditer, pour redorer son blason


« Nous devrions consacrer la première partir de notre réponse à expliquer clairement pourquoi la conduite de cet homme était immorale, inacceptable, et sans doute illégale. Ensuite, seulement, nous pourrons reprendre les points de discussions habituels avec eux », reprenait l’avocat. « Faites de lui la partie la plus intéressante de l’histoire et si possible, qu’il incarne le visage de l’ensemble du mouvement syndical. »

Parce qu’en le plaçant en position de représentant, ce serait tout le mouvement de protestation qui serait discrédité : si un des hommes ne respecte pas la quarantaine, alors aucun des syndicalistes ni de ceux qui les suivent ne la respecte. Un syllogisme simple à faire rentrer dans la tête du public, avec le soutien des médias.

Évidemment, l’avocat contacté par Vice News fait brusquement marche arrière, évoque des propos personnels, et plaide que ses émotions ont guidé sa pensée. 

Sauf que le reste des notes est à l’aune : par exemple, tester ou ne pas tester l’ensemble des salariés ? En effet, du temps gagné, et des ressources mieux concentrées sur les efforts à fournir, en somme. « Cela peut présenter des avantages à la fois pour le système et pour nos employés », indiquait… Zapolsky. 

Sachant que la firme envisage de se refaire une virginité et une image de marque, en offrant les masques excédentaires aux hôpitaux, par exemple. « Si nous pouvons obtenir des masques en quantité, c’est un cadeau fantastique que de faire ce don stratégique », continuait l’avocat. De même : offrir mille masques à chaque commissariat du pays. « Cela rappelle aux gens que ce ne sont pas uniquement les soignants qui en ont besoin. » 

Mais encore faut-il disposer des stocks nécessaires. Peut-être en faisant produire des masques chirurgicaux en tissus, par les sous-traitants avec qui collabore Amazon ? 

Sauf que la cargaison qui devait arriver de Chine n’aboutira pas : « [Ils] ont considéré les masques N95 comme stratégiques. Ils les conservent au cas où. Et ils souhaitent également s’en servir comme outil diplomatique. Les masques de Chine que nous pensions avoir ont probablement été reroutés vers d’autres. »

Amazon aurait trouvé plus cynique qu’Amazon ?


Commentaires
On attend avec impatience les commentaires des pro-Amazon qui s’évertuent en temps normal à défendre ceux qui les exploitent.
Dès que j'ai compris - il y a bien des années - à quel point Amazon est une entreprise prédatrice, j'ai totalement cessé d'y recourir.



Pour commander des livres, il y a mille et une possibilités, ô vertu de l'intéressante combinaison du prix unique du livre et de la concurrence - qui porte sur le reste - en économie de marché :

- commander chez " son " libraire, tout simplement : ainsi, habitant Ferney-Voltaire, je fais travailler avec plaisir l'excellente Librairie du Centre qui a obtenu le label " LiR " en février dernier ;

- commander sur les sites de vrais libraires, comme Le Hall du Livre à Nancy ou Gibert à Paris ;

- commander des libres " introuvables " sur chapitre.com

etc.

Sans oublier que la " voie royale " est, lorsque c'est possible, de fréquenter une vraie librairie et de discuter avec celles et ceux qui la tiennent et qui sont des libraires passionnés et compétents et non des " marchands de papier ".



Bref, en matière d'achat de livres, il me semble qu'on peut se passer totalement d'Amazon. Je crois qu'il s'agit d'abord de cesser de recourir à ce site au motif que " on ne va pas se casser la tête, on y trouve tout ", détestable paresse court-termiste.



Pour les autres achats en ligne, on peut souvent reproduire la même stratégie : en tout cas, j'y arrive sans problème en ce qui concerne le matériel et les ingrédients culinaires.



Enfin, il faut garder à l'esprit qu'Amazon est une de ces entreprises étasuniennes prédatrices qui ne paient quasiment pas d'impôt hors des États-Unis. Faire travailler Amazon, c'est agir contre la diversité linguistique et culturelle. Nous sommes TOUS responsables et pouvons agir : on vote aussi avec son porte-monnaie...
- commander chez " son " libraire, tout simplement,

- fréquenter une vraie librairie et de discuter avec celles et ceux qui la tiennent et qui sont des libraires passionnés et compétents et non des " marchands de papier ".

Oui, d'accord avec vous - mais actuellement les librairies sont fermées....et sur chapitre.com, je n'ai pas tout trouvé...
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