Amazon livre le roman d'Atwood trop tôt : les libraires saisissent la justice

Nicolas Gary - 05.09.2019

Edition - International - Margaret Atwood - Testaments Amazon roman - clients internet librairie


La boulette de la rentrée : en commercialisant et livrant la suite de La servante écarlate, Amazon s’est mis à dos l’interprofession. Un peu plus encore, disons. Cette fuite du roman, survenue une semaine avant la mise en vente officielle, a provoqué une vague de colère chez les libraires américains. Qui sont d’ailleurs décidés à ne pas en rester là.


crédit DoubleDay
 

Le roman de Margaret Atwood, Les Testaments, ne devait pas être en vente avant le 10 septembre. Mais plusieurs clients d’Amazon US ont affirmé, preuves à l’appui, qu’ils avaient bien reçu leur commande en avance. Noël ? Non point : l’éditeur DoubleDay assurait qu’il s’agissait d’un stock minime, et d’une erreur technique de la part d’Amazon.

Et Amazon, jusqu’à lors, restait relativement silencieux.
 

C'est vraiment trop injuste


Mais la firme vient de sortir de son silence. D’abord, ce sont quelque 800 exemplaires qui ont été fournis en avant-première, malgré l’embargo qui pesait. Minime, certes, en regard des ventes que l’on peut attendre de ce roman, mais tout de même très nuisible pour l’image des libraires. 

« Ça dépasse le livre. Les clients verront que certains qui ont commandé en ligne ont leur livre. Ils viendront dans notre boutique et constaterons que nous ne l’avons pas encore », assurait Rachel Cass, de la librairie Harvard de Cambridge.

Au Bookseller, Amazon vient donc de présenter de plates excuses officielles : « En raison d’une erreur technique, un petit nombre de clients ont reçu par inadvertance des exemplaires de The Testaments, de Margaret Atwood. Nous nous excusons pour cette erreur. Nous portons beaucoup d’attention à nos relations avec les auteurs, les agents et les éditeurs, et regrettons les désagréments que cela leur a occasionnés, ainsi qu’à nos collègues libraires. »

D’abord, on ne dit pas « Nous nous excusons », mais « veuillez nous excuser ». Ensuite, peu de chance qu’il se trouve des libraires acceptant l’idée qu’Amazon soit un collègue.

Pour preuve, la réaction de l’American Booksellers Association : dans un communiqué de presse, l’ABA « exprime sa profonde déception devant cette violation flagrante du protocole convenu à l’occasion de la publication d’un livre au public ». Bien entendu, le groupe auquel appartient l’éditeur, Penguin Random House, a été alerté de cette grogne.
 

Que les fédéraux s'emparent du sujet


Mais surtout, l’ABA entend présenter le cas à la justice américaine, ainsi qu’à la Federal Trade Commission. Cet exemple illustre parfaitement « l’impact négatif, lié à la domination du marché du livre par Amazon, et dans le commerce américain du détail plus globalement ». 

Et d’ajouter : « Les dernières actions d’Amazon ne font que souligner combien il importe que les agences fédérales enquêtent de manière approfondie sur les pratiques commerciales destructrices d’Amazon. »

Le commentaire n’est pas anodin : depuis juin dernier, les GAFAM sont dans le viseur du ministère de la Justice et de la FTC. Les plaignants réclament en effet un durcissement des lois antitrust contre ces entreprises du web — voire qu’on les fasse disparaître. 

Selon les premiers éléments, les enquêtes pourraient aller chercher très loin dans les dossiers des GAFA. Et ce, pour passer au crible non seulement la manière dont ils mènent leur business, mais surtout, les conséquences que cela peut avoir sur la concurrence.

L’ABA compte bien entendu parmi les organisations qui alimentent en preuve les enquêteurs, et cette dernière sortie de route du cybermarchand apporterait plus d’eau encore au moulin juridique. 

Le livre sortira en France le 10 octobre, traduit par Michèle Albaret-Maatsch : Amazon France se prépare-t-il à une autre erreur technique ? Etonnament, Margaret Atwood, elle, n'a pas du tout réagi.


Commentaires
M. Gary, Amazon n'a pas dit "nous nous excusons" mais "We apologise for this error" ce qui est correct en anglais. Google traduction n'est pas toujours bon..... Bref un article fait à la vite
Bonjour

L'expression est peut-être juste en anglais, mais sa traduction est bien celle donnée par l'article

https://www.linguee.fr/anglais-francais/traduction/we+apologize.html
La traduction est fausse, et Linguee est souvent très approximatif dans les traductions. Utiliser we apologize en anglais est correct et doit être traduit par nous sommes désolés, ou veuillez nous excuser. (on trouve également ces traductions dans votre lien Linguee)

Un bon vieux dictionnaire est bien meilleur que tous ces sites de traduction en ligne.

https://dictionary.cambridge.org/dictionary/english/apologize



Traduire un texte ne consiste pas à seulement remplacer chaque mot par sa traduction, mails il faut savoir maîtriser les deux langues afin de restituer le texte original sans interprétation personnelle. Ce qui malheureusement n'a pas été fait dans cet article.
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