“Amazon nous a détruits” : l'Italie perd une de ses plus anciennes librairies

Nicolas Gary - 15.01.2020

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« Amazon nous a détruits. » Le message de Paravia, deuxième plus ancienne librairie d’Italie est sans appel : elle ferme ses portes. À Turin, c’est une tragédie : les deux sœurs qui la dirigeaient avaient hérité de leur père cette boutique. Mais aujourd’hui, « les gens veulent des livres à prix réduit et directement chez eux », concluent-elles.


 

La nouvelle a tout d’abord été communiquée aux clients, aux fidèles, comme un secret. Puis, Nadia et Sonia Calarco ont officiellement annoncé la fermeture de ce lieu historique, sur Facebook. « Nous avons investi toute notre énergie pour tenter de faire du mieux possible », indiquent-elles, remerciant chaleureusement les clients, pour leur affection. 

Située sur la place Arbarello, elle a fermé le 28 décembre, pour ne plus jamais rouvrir. Née en 1802, la librairie pouvait encore se targuer d’être la seconde plus anciennement fondée dans le pays. Mais déjà, le déménagement depuis l’historique rue Garibaldi avait laissé des traces.

Une vitrine moins grande, et donc des clients moins attirés, de quoi accélérer le processus progressivement. « Au fil des années, leur nombre a diminué peu à peu. » 
 

Pas la vente en ligne, non : Amazon


Pour elles, le coupable est tout désigné : Amazon. Pas le commerce en ligne, non. Amazon, « qui a tout d’abord attiré les clients uniquement avec des remises folles, parce qu’en Italie, il manque une loi qui protégerait les libraires ». En somme, une législation sur le modèle français ou allemand, d’un prix unique fixé par l’éditeur, et qui se retrouve imposé à tous les revendeurs. 

Une uniformisation tarifaire, pour que la concurrence ne se joue plus qu’à un niveau commercial, d’accueil et de conseils.



Pas faute pourtant d’avoir conçu une loi, qui tarde encore à prendre le chemin des sénateurs, et manque toujours à l’appel. Elle suscite d’ailleurs une véritable polémique au sein des professionnels : les grands groupes y sont farouchement opposés, les indépendants, libraires ou éditeurs, la souhaitent de tout cœur.

Et puis, les consommateurs d’aujourd’hui ont pris l’habitude de « recevoir leurs produits à la maison, en très peu de temps, avec une livraison incroyable ». De mauvaises habitudes, qui renforcent le sentiment que la librairie n’est pas en mesure de rivaliser. « L’alternative à la fermeture était de rejoindre une franchise, mais c’est un choix qui ne nous appartient pas », poursuit Sonia Calarco.

Les deux sœurs de conclure : « Merci à notre mère, qui nous a soutenus moralement et économiquement, attendant silencieusement que nous trouvions la force de dire “Ça suffit”. »

Un morceau de l’histoire italienne de la librairie, de l’édition, vient de se perdre. À jamais de toute évidence.


via La Repubblica | Crédits photo : librairie Paravia


Commentaires
De facto entristece-nos ver que, tanto em Italia, como em Portugal desaparecem Livrarias de grande tradição.

Triste notícia.

MAA
Amazon n'a pas tué la librairie. C'est le consommateur et le législateur, nuance.

On pointe toujours Amazon du doigt, et on dédouane toujours les vrais acteurs...
« les gens veulent des livres à prix réduit et directement chez eux »



présenté comme ça comment dire non ?



(c'est vrai que le Manga à moins de 4€ ça fait envie, mais parfois le papier ici est limite je me demande comment est la qualité en Italie)
La phrase la plus juste c'est : nos clients nous ont abandonnés, à cause de l’évolution du commerce.



C'est peut-être triste mais les "fautifs" (si il y en a) ce sont les clients et les libraires qui se sont reposés sur leurs lauriers.
étudier ce qui se passe en Italie permettra une bonne analyse du "Monde selon Amazon", on pourra voir si Amazon en position de force augmente ou non les prix.
Les gens comme Jeff Bezos sont particulièrement brillants quand il s'agit d'exploiter la bêtise, la paresse, voire la détresse de ses clients. Ceux-ci en retour n'ont absolument aucun sens moral en achetant à ces entités qui font des milliards exploitent et maltraitent leurs propres employés.
C’ezt Toujours triste la fermeture d’une librairie. Je pense malheureusement que ce modèle doit être revisité pour survivre.

J’habite une toute petite commune en France y cela fait 5 ans maintenant que l’embell A ouvert ses portes.

Quel endroit magique ! Plus qu’une librairie c’est un salon de thé, un lieu où des lectures, des rencontres avec des auteurs des soirées jeux de sociétés sont proposées pour faire découvrir les produits mais aussi pour faire venir les clients dans la librairie. C’est un autre métier, plus complexe certes mais si j’y retourne c’est quand même et avant tout pour les compétences de ce jeune couple de libraires toujours en capacité de vous parler d’un livre, d’un jeux, de le comparer avec un autre pour vous aider dans votre choix.

Je veux garder l’espoir qu’avec une loi comme en France sur le prix des livres l’Italie pourra aussi développer ce nouveau modèle de librairie.

Bonne chance à vous.
Eh oui, mais bon les gens ne veulent pas bosser le dimanche, veulent juste faire un petit 35 heures par semaine, sont toujours à raler quand il y a un surcharge de travail, avec tout ça je me dis que c est un juste retour des choses. Vive Amazon, tampis pour les cassos de gilets jaunes adeptes du moi j'en fais plus on me donne
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