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Amazon privilégie les commandes prioritaires : livres, sex toys, bracelets...

Nicolas Gary - 22.03.2020

Edition - Economie - Amazon première nécessité - livraison amazon France - livres amazon Italie


Une semaine après les États-Unis, Amazon bouleverse son fonctionnement en France et Italie. À présent, seuls les produits de première nécessité pourront être commandés : c’est désormais officiel, le géant américain laisserait à qui le souhaite la guerre des livraisons de livres ? Pas tout à fait.



« Nous devons concentrer les capacités disponibles sur les articles les plus prioritaires et, à compter d’aujourd’hui, temporairement cesser de prendre des commandes sur certains produits moins prioritaires sur Amazon.fr et Amazon.it », explique la firme dans un communiqué. Le coronavirus est passé par là, certains impératifs s'imposent, même chez Amazon ?
 

Des délais déjà allongés


Amazon avait déjà notifié qu’en regard de la situation, les délais de livraison pouvaient être allongés. De même pour les clients Prime, un message indiquait que « certains articles Prime ne peuvent pas être livrés en moins de 2 jours ouvrés. Les raisons les plus communes sont des contraintes imposant l’expédition par la route ou la nécessité de temps additionnel de préparation d’expédition ». 

La mesure prise aux États-Unis la semaine passée concernait les « produits de première nécessité pour la maison, de fournitures médicales et d’autres produits à forte demande ». 

Il en ira de même pour les territoires français et italiens à présent. « Les employés de nos centres de distribution se concentreront sur la réception et l’expédition des produits dont les clients ont le plus besoin à l’heure actuelle », indique la société.

Autrement dit, les produits d’hygiènes, ou propres à l’entretien de la maison seront prioritaires — et ce, uniquement pour les nouvelles demandes. Les commandes passées précédemment seront bien fournies. 

En revanche, côté marketplace, pas de changements a priori : « Les clients peuvent continuer à commander un grand nombre de ces produits auprès de vendeurs tiers qui peuvent les leur expédier directement. »
 

Le livre, prioritaire, les sex toys aussi ?


Vérifications faites par la rédaction, la commande de livres est cependant toujours possible : les livres compteraient parmi les produits essentiels selon le marchand. Les délais de livraison sont en revanche accrus : le dernier Musso, La vie secrète des écrivains, nous serait livré le 1er avril en cas de commande passée ce 22 mars. De même pour La cerise sur le gâteau d'Aurélie Valognes.

Notons par ailleurs, facétieux que nous sommes, qu’après vérification, les sex toys, eux, sont également disponibles à la commande, au moment où nous écrivons cet article. Et qu’après avoir passé en revue différentes catégories, difficile de distinguer les produits non prioritaires des autres. Dans leur ensemble, la plupart des produits que nous avons inspectés sont commandables et livrés sous 8 à 10 jours. 

De fait, il semble que seul Amazon aura le dernier mot sur la “priorité” de la commande passée, démontrant là encore qu'après Dieu, c'est donc Jeff Bezos qui prend les décisions. En effet, aucune liste d'objets ou de commandes prioritaires n'a été formulée : cette communication devient des plus étranges.
 

La guerre des libraires n'aura pas lieu ?


Toute la semaine, une véritable guerre de tranchées et de communication a opposé en France les librairies : celles souhaitant maintenir leur activité, par la vente en ligne, contre celles qui choisissaient de respecter la fermeture imposée par le gouvernement — et déploraient qu’Amazon continue d’être alimenté en livres. 

La guerre des livres
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
À l’origine de la discorde, l’intervention du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, qui envisageait la réouverture des établissements, sous conditions. Une rafale de communications s’en était suivi pour dénoncer un comportement désastreux.
 
• “Du libraire confiné au lecteur con fini”, par Rodolphe Urbs
• Réseaux des librairies Initales et Syndicat de la librairies française
     “Nous avons hâte de ré-ouvrir nos librairies, pas à n’importe quel prix”
• Billet d'humeur (de mauvaise humeur) de la rédaction
     Les libraires indispensables à la vie de la nation ? Les morts ne liront plus
• Syndicat de la librairie francophone de Belgique
     Coronavirus : “Les livres ne sont pas des produits indispensables”
• Syndicat des Libraires d’Île de France - CGT
     “Hors de question de retourner sur nos lieux de travail”
 

Ne rien lâcher, en maintenant la sécurité


D’autres comme le réseau des enseignes BDfugue choisissait, de façon très transparente, de prolonger l’activité, en expliquant leur choix : 

1. Nous voulons demeurer une alternative spécialisée et indépendante aux grandes enseignes généralistes comme Amazon et autres sites de vente en ligne. Nos confrères sont fermés, mais nos concurrents restent ouverts donc nous aussi. 
2. Nous avons pris des mesures pour la protection de nos collaborateurs et nous pensons que le risque sanitaire est contenu : nos équipes respectent les consignes de distance sociale et de nettoyage fréquent des mains et des postes de travail. Les échanges avec les personnes extérieures sont limités au strict minimum et les règles de confinement sont suivies après le travail. 
3. Nous croyons que ceux qui peuvent continuer le doivent : chaque entreprise qui poursuit son activité est une entreprise en moins à perfuser par des aides financées par une dette. 
4. Enfin, nous pensons aux confinés à qui nous pouvons apporter un peu de distraction sans transiger sur la sécurité sanitaire.

C’est également la position adoptée par le réseau Librest et LaLibrairie.com, décidés à ne rien lâcher face à Amazon. Là, ce sont les patrons de librairies qui se changent en “picker” pour mettre en carton les commandes passées par le site internet. 
 


D’autres vendeurs en ligne ont préféré jouer la sécurité : Place des libraires, libraires.fr, LibrairiesIndépendantes.com ont tous trois décidé, face aux « circonstances exceptionnelles », de suspendre les commandes, privilégiant la vente de livres numériques. 

Laisser le champ libre à Amazon reviendra-t-il à faire prendre aux clients frustrés par le confinement de mauvaises habitudes?

Cependant, en dépit des embauches nombreuses qu'Amazon a mises en place, les actuels salariés font valoir que les conditions de sécurité et d'hygiène ne sont pas respectées. Un débrayage survenu cette semaine montre clairement que les employés des entrepôts ne sont pas décidés à se laisser contaminer ni mettre en danger. « [N]ous avons nous aussi pris des mesures de distanciation sociale au sein de nos centres de distribution pour assurer la sécurité et la santé de nos collaborateurs », rétorque la firme

Sollicité pour obtenir des précisions devant un communiqué inaudible et imprécis, Amazon nous renvoie gentiment ledit document assurant que l'on y retrouvera des compléments d'information.

Sans répondre le moins du monde aux questions les plus évidentes : Existe-t-il une liste des produits considérés comme prioritaires ? Par qui et comment a-t-elle été établie ? À partir de quand ces limites sur les commandes seront-elles appliquées ? Comment cela se concrétisera-t-il pour les clients ? Les livres seront-ils parmi les produits prioritaires ? 

Et accessoirement : qu'en est-il des sex toys ?


Commentaires
Faisons une découverte ensemble : les centrales de livraisons, les librairies, les sociétés de vente sur le net sont des entreprises privées. Surprise, n'est-ce pas...



Elles peuvent avoir une politique de communication en fonction des évènements, mais elle ne sont en rien tenues de publier la façon dont elles s'organisent en interne et elles ont une certaine liberté pour le faire. Surprise, n'est-ce pas...



Faisons une nouvelle découverte ensemble : les gens peuvent acheter des sextoys librement. Surprise, n'est-ce pas...Comme le monde moderne est étrange.



Vous avez par contre une administration publique et monopolistique qui est la poste. De façon intéressante, elle a en pratique complètement cessé de fonctionner ces derniers jours et n'a absolument pas communiqué sur le sujet. Surprise ? Probablement pas, ah... voilà qui est rassurant.
Le libraire du Comptoir des mots, en fait il veut juste faire comme Amazon, il veut livrer des livres qu'on lui commande. Avec tout le respect, on dirait un oisillon tombé du nid incapable de s'envoler. Ca fait sourire et on est un peu triste pour lui. Il est perdu. On a juste envie de lui dire : Nan, mais t'es sérieux là ?
C'est sur que de toute façon de base Amazon est une entreprise essentielle, si elle tourne pas on voit la France mourir à petit feu, je trouve que le confinement c'est pour ce que le gouvernement veut et qu'il veut des sous donc pour moi c'est normal que les gens respectent pas le confinement si de base aucune règle n'est suivi par celui qui l'a fait
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