Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Amazon Publishing : le côté obscur de l'édition

Clément Solym - 05.03.2012

Edition - Les maisons - James Atlas - Atlas & Company - Amazon Publishing


Un indépendant de l'édition, une fois de plus, n'a pas résisté à la tentation, et s'est associé avec le concurrent le plus agressif du marché : Amazon. Vendredi, le président de la maison d'édition indépendante Atlas & Company et fondateur-éditeur de la collection Penguin Lives, James Atlas, a annoncé qu'il allait bientôt publier une collection de courtes biographies pour Amazon Publishing, intitulée Amazon Lives.

 

« Je ne me sens pas coupable », a expliqué James Atlas au New York Times.  « Ils vont accomplir ce qui devient de plus en plus difficile d'accomplir, et c'est un système efficace de commercialisation et de distribution. Je pense qu'ils seront très agressifs pour leur promotion (des livres, ndlr). Avec la menace qui pèse sur les librairies en ce moment, essayer de publier ses livres a été très difficile. Je sais qu'Amazon n'a pas de mauvaises intentions dans ce cas là. »


Et pourtant, chaque chose à son prix. Atlas & Company, dont la santé financière va plutôt mal, ne fera plus l'acquisition de nouveaux titres selon Publishers Weekly, les ouvrages disponibles seront toujours distribués par Norton.  James Atlas ne travaillerait pas dans les bureaux d'Amazon Publishing dans la ville de New York puisqu'il n'est pas considéré comme un employé par la firme de Seattle, selon Amazon. 

 

La publication d'Amazon Lives est prévue pour juin 2013. Chaque biographie, signée de James Atlas, également auteur de nombreuse biographies dont Saul Bellow, devrait compter dans les 25.000 à 40.000 mots, et seront publiées sous forme d'ebook sur Amazon.com. Les imprimés eux, seront distribués par Houghton Mifflin Harcourt.

 

James Atlas suit ainsi les pas de l'agent littéraire Larry Kirshbaum, embauché par Amazon en mai 2011 comme éditeur d'Amazon Publishing (notre actualitté), ou encore la bibliothécaire américaine  Nancy Pearl, doyenne des bibliothèques publiques et des librairies indépendantes (notre actualitté) et Ed Park, fondateur de la maison de The Believer.

 

De nombreux ancien indépendants, qui ont finalement choisi le géant américain, pour son « système efficace » et sa « promotion agressive »... Enfin, comme disent de nombreux observateurs.... surtout pour l'argent.