Amazon Publishing s'incruste dans les listes de best-sellers

Julien Helmlinger - 07.02.2014

Edition - International - Amazon - Edition - Industrie du livre


Amazon, un challenger crédible pour l'édition ? Le géant de l'ecommerce est désormais craint par les détaillants, qui le voient comme le plus terrible prédateur en son domaine de prédilection. En revanche, Amazon Publishing, sa division dédiée à la publication de livres, donnerait toujours l'image d'un petit joueur dans une industrie dominée par les maisons traditionnelles du Big Five. Seulement, la donne pourrait bien changer, tandis que la société de Jeff Bezos semble s'inviter au sein des listes de best-sellers.

 

 

 

 

En tant que maison d'édition, Amazon Publishing, depuis son lancement il y a 5 ans, aura publié une quinzaine de collections de livres au total, en plus de son service Kindle Words exclusivement dédié aux fan fictions. Celles-ci couvrent des registres variés allant de la science-fiction à la littérature chrétienne, et comprennent donc bon nombre de publications de niche. Un terrain éditorial sur lequel aucun éditeur n'aurait véritablement la mainmise.

 

Si ce choix peut sembler risqué au premier abord, il peut néanmoins s'appuyer sur les coûts de production réduits dont bénéficie le géant de la vente en ligne. Car Amazon, avec un business model différent de l'édition traditionnelle, mise avant tout sur le livre numérique et ne se soucierait pas tant en conséquence des frais de livraison ou d'un éventuel taux de retours trop élevé.

 

Les efforts de la firme sur le terrain de l'édition ont certes manqué de se traduire par des publications de best-sellers. Si bien que l'annonce du départ de Larry Kirshbaum en octobre dernier, au profit d'une remplaçante méconnue, a parfois été perçue comme le signe d'un échec, quand d'autres y voyaient une stratégie visant à se poser sciemment en outsider pour mieux chambouler l'industrie. La société, installée à Seattle, s'est en outre mise à l'écart du point nevralgique de l'édition américaine, New York.

 

Si Amazon peinait jusqu'à lors à publier des best-sellers, c'est que les contrats à six chiffres sont généralement le lot exclusif des maisons d'édition traditionnelles les mieux établies dans le paysage de l'industrie. A noter également que Barnes & Noble, comme d'autres acteurs du marché, notamment des indépendants se sentant menacés, se sont refusés de commercialiser les livres produits par Amazon Publishing.

 

Mais un autre avantage, pour Amazon Publishing, résiderait dans les possibilités que lui offre sa plateforme en ligne pour suivre et analyser les comportements d'achat de sa clientèle. Sa base de données clients, bien etoffée, lui permet ainsi de mieux cerner les attentes des lecteurs sur les marchés de niche. Une arme qui lui donne en outre toutes ses chances de réaliser de bonnes opérations commerciales de niche par le biais de suggestions de lectures pertinentes.

 

Finalement pas si outsider ?

 

La semaine dernière, Amazon Publishing, qui ne communique habituellement que peu sur ses ventes de livres, a montré malgré elle les signes d'une incursion réussie dans l'industrie de l'édition. La firme s'est arrogé 4 places au sein de la liste des 25 meilleurs ventes d'ebooks, selon Digital Book World, sans faire l'impasse sur la première du podium avec The Barkeep, de William Lashner. 

 

En comparaison, dans ce top des ventes, la fusion Penguin Random House est confortablement installée en tête avec ses 10 best-sellers, devant Harper Collins qui en a produit 5, puis vient Hachette à égalité avec Amazon Publishing, avec 4 ouvrages, et enfin, Simon & Schuster, avec un seul titre au classement.

 

Considérant qu'Amazon Publishing se serait également fait sa place parmi les 5 maisons qui vendent le plus de livres sur la plateforme Kindle, on peut finalement se demander si les membres du Big Five ne risquent pas de se faire doubler par leur challenger de Seattle...