Amazon se la jouera bientôt dans de vraies boutiques

Clément Solym - 06.02.2012

Edition - Librairies - Amazon - boutique - Seattle


La crise ? Connaît pas… Alors que Barnes & Noble et Borders réduisent les frais ou ferment les enseignes à grand tour de bras (voir notre actualitté), le géant du e-commerce semble vouloir inaugurer dans quelques mois sa première boutique dans sa ville natale, Seattle.

Indigo, Barnes & Noble et Book-a-Million refusent de vendre les livres publiés par Amazon ?

 

« Barnes and Noble avait averti qu'en refusant l'accès de ses magasins à Amazon et ses auteurs, il envoyait un signal fort, aux futurs auteurs et aux agents qui pourraient être tentés de signer de pareils accords. » (voir notre actualitté)

 

Qu'à cela ne tienne, il sera sûrement possible de se les procurer dans une « vraie » boutique Amazon, une avec des murs, une vitrine, des vendeurs et… un tiroir-caisse.

 

De brique et de mortier, hein...



Comme l'analyse David Streitfeld du New York Times, le passage d'un modèle économique type e-commerce au commerce physique et direct a déjà été testé par Apple au début des années 2000, et ce genre de magasin fait florès depuis (en France, on compte ainsi des boutiques Cdiscount). Pour Apple, ces boutiques représentaient en 2010 10 milliards $ de chiffre d'affaires (sur 65 milliards $).

« Tant que la téléportation n'aura pas été mise au point, il n'y a qu'un moyen de se procurer directement ses achats. Ça s'appelle un magasin » ajoute Streitfeld.

Les boutiques vendront visiblement les « produits dérivés » Amazon, c'est-à-dire la gamme complète des Kindle, ainsi que leurs accessoires assortis : protections, clés USB…

 

Mais gageons que cette conversion vers la boutique physique arrive surtout à point nommé pour soutenir l'activité éditoriale naissante d'Amazon, lui permettant de se forger petit à petit son propre réseau de distribution et évitant ainsi la levée de boucliers des libraires.

Le lancement de cette première boutique au cœur de Seattle n'a pas encore été officiellement annoncé : les bruits de couloirs annoncent des magasins à la surface réduite pour maximiser la relation de proximité avec le consommateur.

 

Pour l'instant, les responsables chercheraient surtout à contourner le maximum de taxes avant l'ouverture, une stratégie de réduction des coûts additionnels qui a fait la fortune d'Amazon.