Amère défaite de l'éditeur Ecosociété contre Barrik Gold

Clément Solym - 24.10.2011

Edition - Justice


La semaine passée s'achevait la procédure menée contre l'éditeur Écosociété, victime des attaques de Barrick Gold, monstre industriel, dont le portrait brossé dans Noir Canada, ne laissait personne indifférent.


Présentée comme responsable de plusieurs exactions et extractions minières, pétrolières et l'on en passe, en Afrique, le portrait de Barrick Gold n'avait pas vraiment séduit ses actionnaires. Et fort logiquement, ces derniers ont réclamé que l'on fasse taire l'importun. Trois années de procédure plus tard, l'éditeur et contraint de céder, et promet de ne plus publier le livre. (voir notre actualitté

 

 

L'Union des écrivaines et écrivains québécois salue cependant Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique, déplorant toutefois que l'éditeur aie « dû baisser les bras devant la puissante société minière Barrick Gold et sa poursuite en diffamation ». Le livre est en effet non seulement retiré du marché, mais l'éditeur est aussi contraint de verser une indemnisation non divulguée.

L'UNEQ tient fortement à rendre hommage au courage et à la ténacité des auteurs de Noir Canada : Delphine Abadie, Alain Deneault et William Sacher, ainsi qu'à l'éditeur Écosociété et à son personnel. Forts de l'appui moral et financier de plus de 12 000 citoyens, de 500 professeurs, d'une soixantaine d'associations et de maisons d'édition et de journaux, ils ont su résister à cette atteinte à la liberté.

 

Leurs démarches auront contribué, notamment, à l'adoption de la Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l'utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d'expression et la participation des citoyens au débat public, seule législation du genre en vigueur au Canada contre les « poursuites-bâillons ».

 

Pour André Roy, vice-président de l'UNEQ : « Les forces obscurantistes continuent de déferler sur les milieux intellectuel et culturel, de plus en plus ouvertement. Le témoignent, par exemple, les coupes sauvages de différents ministères fédéraux dans les subventions allouées au Festival international de la littérature (FIL), au Wapikoni Mobile, ainsi que le projet de loi C-11 qui supprimera les principales rémunérations des créateurs. »

 

Alors que circulent les exemplaires déjà dans le circuit. Et que leurs idées circulent avec eux...