Amérique du Sud : LibreBus ou la tournée de la cyber-culture

Clément Solym - 21.09.2012

Edition - International - LibreBus - Argentine - Wikileaks


En janvier dernier le collectif LibreBus s'est reformé pour partir à la rencontre, non pas d'éventuels clients, mais d'amateurs de connaissances. Et si l'on peut penser à juste titre, que toute personne en fait potentiellement partie, avec l'avènement du concept de culture libre, plus saillante avec les divers débats cybernétiques, les carnets de voyage de LibreBus se sont constitués en réaction à la fermeture du site de Megaupload.

 

Une équipe de cybermilitants aux multiples nationalités effectue donc un périple en bus à travers le Sud de l'Amérique latine pour promouvoir un accès sans contraintes aux œuvres culturelles sur internet. « Nous ne transportons pas de matériel illégal, mais je défends le téléchargement libre. Au Guatemala, il n'y a pas de livres. Si je veux un livre de philosophie en français, je ne vais pas le trouver, je vais donc sur un site de partage de livres numériques et je le télécharge », explique Renata Avila à l'AFP.

 

La jeune femme guatémaltèque âgée de 30 ans avait notamment écrit une lettre ouverte en 2011, en tant qu'ex-employée de Wikileaks. Un texte qui décrivait la versatilité de ses patrons Julian Assange et Daniel Domscheit-Berg. Depuis la jeune femme et son acolyte Teresa Sampere ont choisi de prendre la route, entamant une seconde fois un voyage de 8 000 kilomètres en Uruguay et en Argentine avant des étapes prévues au Paraguay et au Chil. Un périple de cinq semaines au total. Teresa Sampere âgée de 31 ans est Esagnole, elle a expliqué à l'AFP que c'est la seconde édition de LibreBus, après un  premier voyage effectué en 2011 en Amérique centrale cette fois en traversant, Costa Rica, Nicaragua, Honduras, Salvador et Guatemala.

 

Pour ces militants qui étaient au nombre de 24 lors du premier convoi, il ne s'agit pas d'un simple road trip, c'est un engagement pour défendre « la liberté d'expression sur internet, la liberté de partager des supports éducatifs ouverts, des logiciels libres de droits ». D'autres questions liées à la défense de l'environnement entrent également en jeu d'après Beatriz Busanich, une Argentine de 42 ans qui coordonne les étapes dans son propre pays.

 

 

 

 

À Buenos Aires, le bus s'est ouvert au public, lui permettant un accès à des livres digitaux, à la musique prête à télécharger, ainsi qu'à un scanner qui numérise les livres sans les abîmer. Cette tournée intervient alors qu'un juge argentin a demandé le 12 septembre dernier la tenue d'un procès pour « violation de la propriété intellectuelle » à l'encontre des trois créateurs du site Taringa !, Matias, Botbol et Nakayama. Il s'agit du premier procès tenu en Argentine autour de la propriété intellectuelle des œuvres musicales, littéraires et cinématographiques. Une grande première menée contre une plate-forme emblématique et controversée du téléchargement direct.

 

Pour l'activiste de LibreBus Jane Park « Il faut aller à la rencontre de communautés numériques. Vingt-sept librenautes issus de différentes nationalités, origines et compétences, adhérent à la communauté pour défendre la liberté d'expression. [...] des tables rondes autour du partage libre de données publiques en passant par l'idée d'un premier salon d'Amérique Centrale sur le Creative Commons sont organisées au Guatemala. »

 

Et les discussions ont lieu dans chaque ville, tous les participants peuvent se renseigner sur les licences culturelles ouvertes et en apprendre davantage sur le développement des connaissances. Un documentaire  en espagnol, montrant les différents échanges qui ont eu lieu disponible à cette adresse.