Amplitude horaire, usagers : quelles pratiques des bibliothèques ?

Clément Solym - 21.06.2011

Edition - Bibliothèques - profils - utilisarteurs - bibliothèques


Comment se rend-on en bibliothèque ? Quels comportements en fonction de quel public ? Dans une nouvelle étude, le MOTif vient de se pencher sur les habitudes des usagers, au travers de six profils déterminés par l'analyse effectuée dans cinq départements, Antony (92), Drancy (93), Les Mureaux (78), Limours (91) et Val d’Europe (77).

En s'appuyant sur les horaires d'ouverture de 956 bibliothèques-médiathèques à travers 750 communes, il a ainsi été possible de parvenir à une cartographie du paysage.

« Les résultats de l’étude dégagent six profils types d’usagers : les étudiants (et lycéens), les adultes accompagnés d’enfants, les actifs fortement diplômés, les actifs moins diplômés, les retraités, les demandeurs d’emploi. Chaque groupe ayant des pratiques et des attentes bien diversifiées.

La fréquentation est plus forte pendant les week-ends que pendant la semaine, mais suivant les jours et les plages horaires, le public change.
»

Qui et comment ?

Et dans les usagers, on découvre donc six profils-types avec des attitudes bien définies

Le public des étudiants (et lycéens) n'est pas le plus important en nombre absolu, il est parmi l’un des plus gros utilisateurs des espaces,par son assiduité (au moins une fois par semaine) et la durée de son occupation (plusieurs heures), et semble l’un des moins consommateurs des collections. Ils travaillent à partir de leurs propres documents.

Les étudiants
sont prêts à venir plus encore si on leur en offre la possibilité, jusqu’à une heure avancée le soir, pendant les week-ends et les vacances scolaires, voire en matinée.

Les adultes accompagnés d’enfants viennent les mercredis et en week-end et empruntent beaucoup ; c’est un public féminin le mercredi, plus masculin le week-end.

Les actifs fortement diplômés sont nombreux en semaine, on les rencontre surtout le week-end, ils empruntent beaucoup et restent peu sur place.

Les actifs moins diplômés
une plus grande latitude pour venir en semaine et séjournent un peu plus longtemps que les fortement diplômés ; ce sont les plus gros emprunteurs de DVD.

Les retraités  viennent « à n’importe quel moment ≫, beaucoup pour se distraire, lire la presse ; ils sont peu nombreux en soirée.

Les demandeurs d’emploi ont un profil proche de celui des étudiants, ce sont les plus forts utilisateurs d’ordinateurs ; contrairement aux étudiants, ils viennent généralement seuls. La présence plus ou moins forte de telle ou telle catégorie dans un site ou à un horaire particulier est prédictive de la nature des résultats propres au lieu ou au moment considéré.


On examinera également le temps de déplacement pour se rendre à l'établissement - 20 minutes en moyenne - ou encore les amplitudes horaires, ou encore l'envie de se rendre à la bibliothèque - pour 85 % des répondants, une décision prise sans y réfléchir longtemps à l'avance. Une chose notable, entre autres, pour 49 % des personnes interrogées, l'ouverture le dimanche représenterait un atout confortable.

En guise de conclusion, quatre points ressortent : la nécessité d'inscrire dans un projet politique. « Les orientations définies en matière d’horaires relèvent de la politique d’établissement. Le projet de la bibliothèque dépend quant a lui du projet politique porte par la collectivité et de son aptitude a le mettre en oeuvre en favorisant notamment le fonctionnement transversal des institutions culturelles, sociales, éducatives, etc. »

De même, il importe que l'établissement tienne compte du contexte local pour aménager ses horaires en fonction des besoins.

Toutes les informations sur le site du MOTif