Andonia Dimitrijevic : L'Âge d'Homme, "un remue-ménage qui continue"

Nicolas Gary - 14.04.2015

Edition - Les maisons - Andonia Dimitrijevic - Joël Dicker - Editions l'Âge d'Homme


Depuis juillet 2011, elle porte depuis Lausanne la responsabilité des éditions L'Âge d'Homme, fondées par son père. Au décès de Vladimir Dimitrijevic, Andonia âgée de 30 ans se retrouve à la tête d'une maison prestigieuse qui célébrera ses 50 ans en 2017. De visite en France, ActuaLitté est allée à sa rencontre. Une rencontre simple, avec une jeune femme souriante. Par une matinée ensoleillée, c'est encore plus agréable.

 

Andonia Dimitrijevic Editions l'Âge d'Homme

Andonia Dimitrijevic - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Elle balaye du regard le sous-sol de la librairie : quiconque y est entré ne peut l'oublier. Aux murs, des centaines de livres, posés sur les étagères. « Cela représente bien les différents bureaux que nous pouvons avoir un peu partout », lance-t-elle avec un éclat de rire. Pas question de parler de bilan, sur son parcours au sein de la maison, cela ferait trop marchand d'armes, « et nous n'en sommes pas encore là ». Un sentiment se dégage de toutes ces années, depuis la reprise de l'établissement. 

 

Il a fallu faire connaissance, « souvent avec des amis de mon père, que je ne connaissais pas. J'ai appris à les connaître, et notre équipe m'a beaucoup soutenu », se souvient-elle. Andonia Dimitrijevic travaillait déjà dans la maison, mais à la diffusion : « L'éditorial fut un monde à découvrir, et à s'approprier. Le plus long, et qui maintenant s'installe : il y a ces gens extérieurs, qui souhaitent que l'on ne touche à rien et en face, une maison qui doit bouger. Évidemment, je me suis confrontée à des personnes qui n'étaient pas toujours satisfaites », plaisante-t-elle. 

 

Quand elle sourit, les piercings lui donnent un côté mutin, tout particulièrement quand elle évoque « le grand remue-ménage qui continue » dans un grand rire. Et une prise en main qui nécessite des adaptations : 

 

 

 

Puis, elle se tourne vers les photos de Joël Dicker, auteur star qui, avec le livre La vérité sur l'affaire Harry Quebert, a bousculé tout le catalogue de la maison – plus de 4500 titres. Un rêve : des centaines de milliers d'exemplaires vendus, en grand format et un tirage sidérant en poche, en édition avec Bernard de Fallois. Un ouvrage qui perturbe une vie tranquille ? « Non, pas du tout : ça n'a apporté que du bonheur finalement. Ce fut fantastique pour nous, d'abord pour ces moments un peu fous, où nous étions toujours en vadrouille. Nous n'avions pas compris que l'on pouvait faire appel à des transporteurs, alors nous faisions les navettes ! »

 

 

 

L'histoire veut que Joël Dicker ait rencontré Vladimir Dimitrijevic pour lui présenter Les derniers jours de nos pères et l'ouvrage fut présenté à Bernard de Fallois. « Mon père est mort peu après, et j'ai assisté au premier rendez-vous qui eut lieu entre M. de Fallois et Joël. Son premier roman avait bien marché, justement pour un premier roman, et, quelques mois plus tard, il avait son nouveau roman. Et là, ce fut pour lui la consécration. »

 

Andonia Dimitrijevic Editions l'Âge d'Homme

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Aujourd'hui, avec les deux pieds en Suisse, et la tête en France, Andonia Dimitrijevic remarque bien les nuances. Et d'un pays à l'autre, les marchés sont très différents : celui de suisse, probablement pour des raisons d'appartenance, est d'ailleurs plus clément (comme le Lac, oui...)

 

 

 

Dans la maison, on entretient « l'amour des livres et des textes, c'est ce qui nous habite, d'où qu'ils viennent ». Quelque chose qui est « plus difficile à défendre sur France (sic !) », comme elle le dit si bien. Et pour l'avenir, L'Âge d'Homme passera notamment par le développement d'une collection dont on parle déjà beaucoup en Suisse : la collection V. Pour vegan. Mais nous y reviendrons prochainement.