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Andrea Camilleri : autour de Salvini, des relents fascistes façon Mussolini

Nicolas Gary - 09.07.2018

Edition - International - Andrea Camilleri Italie - Matteo Salvini politique - fascisme Italie Salvini


Le papa du commissaire Montalbano, Andrea Camilleri, aura bientôt 93 ans. Et depuis Porto Empedocle où il réside, il vient de lancer une violente charge contre le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini. Ce dernier est sur la brèche, après sa déclaration contre le romancier Roberto Saviano.


Andrea Camilleri
premio chiara, CC BY 2.0
 

 

Camilleri est un homme de mémoire, et, dans un long entretien accordé à La Repubblica, il revient sur le conflit ouvert entre l’écrivain et le politique. Le second a en effet mis en cause la protection policière dont bénéficie Saviano : pour ses écrits contre la mafia napolitaine, la vie de ce dernier est en danger constant depuis une quinzaine d’années. 

 

« Quand on lit les écrits de Roberto, on se dit qu’il est impensable de faire prendre un pareil risque à cet homme. L’idée même du ministre de l’Intérieur italien est absolument anormale. Il serait gravissime qu’il mette cela en application, en fait. D’ailleurs, on peut effectivement considérer qu’il s’agisse là d’une tentative d’intimidation de la part de Matteo Salvini », assurait Antoine Gallimard à ActuaLitté.

 

C’est à présent la légende sicilienne du roman policier qui intervient dans le débat. « Je ne veux pas faire de comparaisons, mais, autour des positions extrémistes de Salvini, je retrouve le même consensus que je rencontrais à l’âge de 12 ans, en 1937, autour de Mussolini. »

 

Comparaison n’est pas raison, certes, mais le créateur de Montalbano donne l’alerte : la situation politique qui a porté le parti d’extrême droite au pouvoir est déplorable. « Cela met en lumière le pire des Italiens, ce que nous avons toujours caché. Et en tout premier lieu, le racisme », déplore-t-il. « Nous nous sommes abrités derrière cette image stéréotypée des “Italiens comme braves gens”, mais cela n’a pas toujours été le cas », poursuit-il. 

 

Alors quid de la menace que le ministre de l’Intérieur fait peser sur Saviano ? Nous en sommes là, au comportement fasciste... L'auteur de Gomorra avait d'ailleurs répliqué en accusant Slavini d'être « le ministre de la pègre ». Et d'évoquer des millions d'euros que la Ligue du Nord aurait dérobés. 

 

Et plus loin, on découvre tout le dégoût que peut inspirer Matteo Salvini, leader de la Ligue Nord, à l’écrivain : que ce soit sur la question de l’immigration, où il joue dangereusement sur la peur de l’autre ou même sur l’état du pays lui-même. « Pour être honnête, je ne reconnais plus les Italiens », avoue-t-il. 

 

C’est sur Twitter, avec une concision des plus sidérantes, que Salvini répond à l’entretien qu’accorde Camilleri :

 

Eh le voilà ! Ses livres me plaisent beaucoup, ses insultes pas autant
 

 

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Elena Ferrante avait elle-même pris la défense de son confrère Saviano : « La guerre menée contre Cinq étoiles nous a empêchés de voir que le danger est ailleurs. Je parle de la Ligue de Matteo Salvini, une force politique bien mieux organisée et trompeusement apprivoisée par des années de gouvernements Berlusconi. »




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