Andrée Chedid, une admirable musique, pour Mitterrand

Clément Solym - 07.02.2011

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La romancière et poètesse Andrée Chedid est décédée, vient-on d'apprendre de son éditeur Flammarion. Âgée de 90 ans, elle est la mère du musicien Louis Chedid, lui-même père de Matthieu Chedid.

Un coup d'autant plus dur que ce matin, au ministère de la Culture était lancé le printemps des Poètes. Frédéric Mitterrand, durant son intervention, a eu une parole à la mémoire de cette dame des lettres françaises.


Il a en effet salué cette femme, rapporte l'AFP, « que j'ai eu l'occasion de recevoir assez souvent dans une vie précédente dont j'ai toujours aimé la personnalité et admiré la musique », a expliqué le ministre.

Et dans le début de son allocution, il a même récité Saison des hommes, l'un des poèmes d'Andrée Chedid.
Je m'émerveille du rêve qui sonde l'avenir,
Des soifs que rien ne désaltère.
Que nous soyons chasseurs et gibiers à la fois,
Gladiateurs d'infini et captifs d'un mirage.
Les dés étant formels et la mort souveraine,
Je m'émerveille de croire en notre saison.
Née au Caire, le 20 mars 1920, Andrée Chedid a de multiples fois été récompensée pour son oeuvre. Officier de la Légion d'honneur, elle avait été marraine du printemps des poètes et l'une des grandes figures de cette manifestation.Atteinte de la maladie d'Alzheimer, elle s'était définie de la sorte. « Je suis née au Caire, en Égypte. J'habite Paris par choix, parce que j'aime cette ville depuis l'enfance. J'écris depuis l'âge de dix-huit ans, pour essayer de dire des choses vivantes qui bouillonnent au fond de chacun. »

Auteure de multiples romans et recueils de nouvelles, elle avait réuni dans deux tomes ses textes poétiques, Textes pour un poème, regroupant ceux de 1949 à 1973 et Poèmes pour un texte, de 1970 à 1991.