Angela Gui, fille de Gui Minhai : “L'optimisme de mon père est celui que décrit Voltaire”

Antoine Oury - 14.02.2018

Edition - International - Gui Minhai éditeur - Gui Minhai Chine prison - Angela Gui


Lauréat du Prix Voltaire, récompense décernée par l'Union internationale des éditeurs, qui salue un engagement pour la liberté d'expression, l'éditeur et libraire suédois Gui Minhai est toujours détenu par les autorités chinoises. C'est sa fille, Angela Gui, qui a reçu la récompense en son nom à New Delhi, le 12 février dernier. Deux prix posthumes ont également été décernés à Liu Xiaobo et Faisal Arefin Dipal.

 
 


Arrêté en octobre 2015 lors d'un voyage en Thaïlande, Gui Minhai a de nouveau été enlevé par les autorités chinoises en janvier dernier, alors qu'il se rendait à Pékin, accompagné d'une escorte diplomatique, pour des examens médicaux. Depuis, un entretien filmé du libraire et éditeur a été diffusé par des médias chinois. Minhai y dénonce le comportement de la Suède : « Avec du recul, il me semble que je suis devenu le pion de la Suède dans un jeu d'échec », déclare-t-il notamment au cours de ce qui ressemble fort à une manipulation.

 

L'Union internationale des éditeurs avait choisi de décerner le Prix Voltaire 2018 à Minhai, pour son engagement en faveur de la liberté d'expression. Citoyen suédois, le libraire et éditeur publie depuis plusieurs années des ouvrages mettant en cause les mœurs légères des dirigeants chinois, au sein de sa maison Mighty Current Publishing.

 

 

 

Lors de la remise du prix, la fille de Gui Minhai, Angela Gui, qui réside au Royaume-Uni, s'est exprimée en duplex : « Je pense que l'optimisme de mon père est peut-être précisément celui que décrit Voltaire. C'est un optimisme qui, face à une cruauté inimaginable, croit toujours au changement. Et c'est un optimisme qui n'est pas écrasé par le mensonge, la force et l'humiliation », a-t-elle déclaré devant les éditeurs réunis pour le congrès annuel de l'UIE.

 

 

 

 

Deux prix spéciaux ont également été remis au cours de la soirée : le premier, en écho à celui décerné à Minhai, est allé à l'écrivain et dissident Liu Xiaobo, décédé en juillet 2017 alors qu'il était détenu par la police chinoise. Le second prix a été remis à l'éditeur bangladais Faisal Arefin Dipal, assassiné en 2015 au Bangladesh. Razia Rahman Jolly, veuve de l'éditeur, a depuis repris sa maison d'édition pour continuer son travail. « On nous a pris notre soleil, nous sommes dans l'obscurité », a-t-elle déploré, certifiant toutefois son engagement pour la maison d'édition de son mari décédé.




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