Anges Félix N’Dakpri, président des éditeurs de Côte d'Ivoire, a été enlevé

Nicolas Gary - 28.10.2020

Edition - International - président éditeurs Ivoire - Côte Ivoire - Anges Félix N’Dakpri


Ce 25 octobre, à Abidjan, Anges Félix N’Dakpri a été visité à son domicile et enlevé par des inconnus. Président de l’Association des Éditeurs de Côte d’Ivoire (ASSEDI) et Commissaire général du Salon International du Livre d’Abidjan (SILA), sa disparition jette un trouble dans l’interprofession, et au-delà.


 

Plusieurs associations professionnelles cosignent une déclaration commune, pour exhorter à sa libération. Elle émane de l’Association Internationale des Libraires Francophones (AILF), de l’Association des Éditeurs de Côte d’Ivoire (ASSEDI), de l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire et de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants.

« Nous apprenons avec surprise et consternation l’enlèvement de M. Anges Félix N’Dakpri », indiquent-elles. « Nous ignorons les motifs d’une telle action qui affecte le milieu du livre. » Certains médias ivoiriens évoquent d'ailleurs une possible arrestation. 

Et de conclure : « Intervenant en dehors du champ politique, nous demandons, au nom de nos associations respectives, la libération de ce professionnel du livre. »

En mai dernier, Anges Félix N’Dakpri intervenait dans les colonnes du Monde Afrique, pour souligner les difficultés de l’industrie du livre. Au nom des 25 éditeurs qu’il représentait au sein de l’association, il assurait : « Le livre scolaire représente 70 % du marché de l’édition, qui pèse 20 milliards de francs CFA. La chaîne du livre en Côte d’Ivoire est sinistrée. »

À cette heure, aucun groupe ne semble avoir revendiqué ce kidnapping.

Évidemment, ces étranges circonstances ne sont pas sans rappeler l’enlèvement par les autorités chinoises de plusieurs libraires et éditeurs – dont Gui Minhai, qui a fini par devenir un symbole de la censure pratiquée hors des frontières.

Le président des éditeurs avait eu des velléités politiques, tentant en 2018 d’obtenir les parrainages du PDCI-RDA, en vue d’un scrutin municipal prévu en octobre de la même année. Il avait obtenu, à ce titre, le poste de délégué départemental de la ville de Toumodi.

Abidjan News pointe que ce qui ressemble à une arrestation arbitraire découlerait d’une altercation avec le ministre Amedé Kouakou. ActuaLitté a sollicité l'ambassade de Côte d'Ivoire en France pour obtenir de plus amples informations.

 

mise à jour : 15 h 05


Selon des sources officielles, Anges Félix N’Dakpri n’a pas été arrêté pour ses activités d’éditeur, mais bien pour ses actions politiques. Cependant, aucune raison n’a été avancée pour justifier de ce qui ressemble bien à une « arrestation arbitraire ».


 Crédit photo : DR


Commentaires
" Industrie " du livre est un hideux étasunisme (ex : " The movie Industry ") : en français, on écrit " secteur " du livre.



Il est triste et lassant de relever de telles dégradations de notre langue, surtout dans un article consacré au secteur de l'édition. Manifestation - hélas banale - d'autocolonisation et de manque de respect des langues.
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