Royaume-Uni : promouvoir les bibliothèques, mais baisser les budgets

Clémence Chouvelon - 06.03.2015

Edition - Bibliothèques - Royaume-Uni - financement bibliothèques - gouvernement


Le gouvernement anglais prévoit un plan d'action visant à promouvoir l'inscription des enfants de primaire dans les bibliothèques. Intutilées Reading : The Next Steps (Lecture : prochaines étapes), ces mesures incitent les écoles primaires à inscrire rapidement leurs élèves. Des décisions qui s'apparentent à une mauvaise blague pour certains, à l'heure où les bibliothèques elles-mêmes peinent à boucler leurs budgets.

 

 

Nick Gibb

Nick Gibb, ministre d'Etat pour les Écoles, à gauche sur la photo (

 

 

Pour 200 écoles primaires où le niveau de lecture des élèves est faible, le gouvernement prévoit une aide de 200.000 £, notamment pour leur permettre d'ouvrir des clubs de lecture. La compétition Poetry by Heart, menée par The Poetry Archive et le poète anglais Andrew Motion, devrait, elle, bénéficier de 570.000 £.

 

Nick Gibb, le ministre d'État pour les Écoles, explique la position du gouvernement : « Rien n'est plus important que de nous assurer que tous les enfants puissent lire. Un faible niveau de lecture peut gêner des personnes à l'âge adulte, les empêchant de révéler leur vrai potentiel. Les mesures annoncées ont pour but d'aider les écoles primaires dans leur rôle d'alphabétisation du plus grand nombre à travers l'Angleterre. »

 

Mais ce plan d'action parait dérisoire, voire déplacé dans un contexte où les bibliothèques sont victimes de coupes budgétaires dans tout le pays. Les aides de l'État accordées aux bibliothèques ont baissé de 3,3 % selon la CIPFA (Chartered Institute of Public Finance and Accountancy), s'abaissant de 783 à 757,3 millions £ en 2013-2014 et obligeant ces dernières à revoir à la baisse leurs heures d'ouverture et le nombre de leurs employés.

 

Les bibliothèques scolaires souffrent elles aussi des mesures du gouvernement, elles sont souvent les premières visées lorsqu'il s'agit pour les écoles de faire des économies, allant parfois jusqu'à supprimer le service. Laura Swaffield de The Library Campaign, décrit ce plan du gouvernement comme « une mauvaise blague pour The World Book Day » : « À quoi peut servir une carte d'adhésion à la bibliothèque si votre bibliothèque est fermée ? C'est ridicule. Et même si les bibliothèques sont ouvertes, les stocks ne suivent pas, le nombre d'employés est réduit, même les horaires d'ouverture le sont. »  

 

Si elle accueille comme positive la décision du gouvernement, The Publishers Association rappelle que cette problématique est laissée de côté par le gouvernement : « Nous réitérons notre appel : toutes les écoles devraient pouvoir avoir une bibliothèque. »

 

(via The Bookseller)