Angleterre : un festival littéraire dans une prison

Xavier S. Thomann - 29.05.2013

Edition - International - Prison - Guardian - Creative Writing


Dans les colonnes du Guardian, Caspar Walsh explique sa participation à un festival littéraire qui se tient dans l'établissement de Parc Prison à Bridgend, en Angleterre. Un événement plutôt hors des sentiers battus, qui se tient en parallèle du Hay literary festival. L'alternative carcérale s'appelle Hay in the Parc. 

 

 

Prison

 martin, CC BY-ND 2.0

 

 

Ce festival littéraire qui fait intervenir différents auteurs et qui invite les détenus à prendre part aux activités proposées a été mis en place par Phil Forder, responsable des activités artistiques dans la prison. Cela fait partie d'une approche pluridisciplinaire de la réhabilitation. 

 

L'intéressé explique : « Je considère Hay in the Parc comme une manifestation qui peut effectivement changer les vies des personnes concernées. C'est notre devoir en tant qu'institution pénitentiaire de faire en sorte que quand les personnes sont libérées elles ne soient plus les mêmes qu'à leur arrivée ». 

 

Cette réhabilitation par la littérature et l'écriture passe également par des ateliers d'écriture, les « creative writing workshops » qui fonctionnent bien de l'autre côté de la Manche. Depuis la création de ces ateliers, en 2008, ce sont environ 2,000 détenus qui y ont participé. 

 

L'édition 2013 a ceci de particulier que plusieurs des auteurs invités ont eux-mêmes connu la prison. C'est le cas notamment du journaliste du Guardian Erwin James. Ce dernier a commencé à écrire pour le célèbre quotidien quand il était en prison, où il purgeait une peine de vingt ans pour meurtre. À sa sortie, il a continué son activité de journaliste et fait figure de réhabilitation exemplaire. 

 

Il explique : « Il faut que les gens sortent de prison avec le sentiment qu'il pourrait avoir une chance dans la vie. Peut-être que ces hommes — dont les crimes si souvent reflètent les abus dont ils ont été les victimes aux-mêmes — peuvent, en mettant leur expérience de vie sur le papier, changer la trajectoire sombre et descendante de leurs vies ». 

 

Caspar Walsh quant à lui estime qu'il n'y a pas de recette miracle pour une réhabilitation réussie, mais que dans son cas la littérature a joué un rôle crucial. 

 

Le festival, qui a commencé le 20 mai, doit se terminer demain.