Anne Hidalgo, candidate à la Mairie de Paris, fait le point avec les libraires

Antoine Oury - 01.07.2013

Edition - Librairies


Difficile de passer à côté : en mars 2014, l'attention sera tournée vers les élections municipales. Dans la capitale, les candidates Anne Hidalgo (PS) et Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) bénéficient d'une exposition médiatique inégalée, malgré des programmes encore en construction. Et c'est justement pour bâtir son volet aide au commerce de proximité, librairies en tête, que la candidate avait convoqué les principaux intéressés.

 

 

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Même si la fermeture de Virgin a une nouvelle fois mis la survie des commerces culturels sur le devant de la scène, les libraires ne se font pas d'illusion sur la raison première de leur présence autour de la table. Face à elle, la candidate trouve notamment Renny Aupetit (Le Comptoir des Mots) et Dominique Mazuet (Librairie Tropiques, Association de Défense des Métiers du Livre), mais tous les libraires, globalement, accueillent la dauphine de Delanoë avec le bilan de ce dernier.

 

Si bien qu'Anne Hidalgo, entourée de Bruno Julliard (son porte-parole, adjoint au Maire de Paris chargé de la culture), François Brouat (chargé d'une mission de réflexion sur les librairies indépendantes à Paris) ou Lyne Cohen-Solal (adjointe au Maire de Paris chargée du commerce, de l'artisanat, des professions indépendantes et des métiers d'art), a jugé bon de rappeler que la réunion avait justement pour objectif de régler les problèmes de la mandature précédente.

 

Une rapide présentation permet de souligner les sujets connus de tous les professionnels : loyers, mode d'attribution des marchés publics, et mutation du marché engendrée par le numérique. Sur ce plan, la candidate évoque une nuit des libraires aux moyens plus conséquents, et cite le Disquaire Day comme modèle.

 

Un interlocuteur plus volontaire ?

 

C'était le premier point, et il dit tout de la politique du livre dans la capitale : « On ne sait jamais vraiment à qui s'adresse lorsque l'on a des questions, est-ce l'économie ? est-ce la culture ? » La première revendication est à tomber par terre de simplicité, et semble la plus simple à réaliser pour Anne Hidalgo, qui n'aura qu'à désigner un interlocuteur spécifique.

 

Le bilan de la SEMAEST (Société d'économie mixte d'équipement et d'aménagement de l'Est de Paris) subi également quelques remous : « J'ai trouvé un local à côté de celui qui m'était proposé par la SEMAEST, moins cher ! », rit jaune une libraire. Puisque le loyer des bailleurs sociaux n'est pas réglé sur le marché, il arrive qu'il devienne parfois supérieur, en fonction des fluctuations...

 

On comprendra vite que l'Hôtel de Ville n'est pas l'Elysée, et que les marges de manoeuvre sont encore plus restreintes : si la « commande publique globalisée n'est pas une bonne idée », comme le reconnaît la candidate, les actions à entamer pour sa réforme ne sont pas légion. Inévitablement, les plus grandes librairies prennent le dessus, s'attirent les faveurs : le label LIR (Librairie Indépendante de Référence) nécessite au moins un employé, ce qui rend la chose délicate pour les petits établissements.

 

Visiblement, l'action se concrétiserait plutôt au niveau local, et dans un registre plus collaboratif que législatif : on parle ainsi d'un événement, « un peu avant Noël, pour éviter les achats sur Internet », pour attirer l'attention des médias et de l'opinion publique sur les librairies. À cette occasion ou une autre, des chèques livres, distribués par la région, pouraient être mis en place. Les libraires ont également souligné la nécessité d'une véritable présence dans les publications de leurs arrondissements respectifs, en somme une visibilité métropolitaine.