Anne-Lise Blanchard, poètessse française captive en Russie

Clément Solym - 12.09.2010

Edition - Société - blanchard - prisonniere - russie


Depuis plusieurs jours, une poétesse française est retenue en Russie. Anne-Lise Blanchard, auteure d'une vingtaine de recueils de poésie, était partie le 19 août à direction de Minsk, pour rendre visite à des amis bélarusses qu'elle avait accueillis à l'automne 2006, à Lyon.


Un blog relatant l'absurde situation qu'elle vit aujourd'hui a été mis en place depuis hier, samedi 11 septembre, Suite moscovite.
Lundi 23 aout, Elena, mon hôtesse, me propose de passer 2 jours à Moscou. J'objecte que je n'en ai pas l'intention et que je n'ai d'ailleurs pas de visa. Le lendemain, elle revient à sa proposition, son mari, Youri, ancien officier, acquiesce, pas besoin de visa, Belarus et Russie formant une Union. Nous prenons les billets de train, sur présentation du passeport, il ne m'est effectivement pas demandé de visa. Nous devons être de retour le samedi suivant, je laisse ma valise à Minsk (Biélorussie) avec mon billet pour le retour en France, mes médicaments... etc.

À la montée dans le train mercredi soir 25 août, je présente encore mon passeport. Dans la nuit, déjà loin en territoire russe, contrôle des passeports - je saurai 2 jours plus tard que la police des frontières était déjà informée depuis l'achat du billet -, descente du train avec mes amis. Nous sommes à Besma. Nous passons la nuit assis dans un poste de police, Elena explique les circonstances, le fonctionnaire lui expose que notre arrestation relève d'une simple procédure administrative : règlement d'une amende de 80 euros et expulsion. Mais au matin, nous sommes conduits, toujours par la police des frontières, à Smolensk, à 150 kms du lieu de notre arrestation. Mes amis ont dû longuement parlementer pour partir avec moi en fourgon. Ils ne seront jamais entendus comme témoins. Sur le moment, je ne suis pas informée de l'endroit où je suis transférée, ni de la durée de la détention.
(La suite à cette adresse)
Pour l'heure, une somme de 1200 ou 1600 € est réclamée pour une caution permettant une mise en liberté surveillée.

Les conditions de détention évoquées sont absolument catastrophiques et vont à l'encontre de tout ce qui s'apparente, de près ou de loin, au respect de la personne humaine.