Anne Robillard condamnée à 15 000 $ d'amende pour diffamation

Victor De Sepausy - 27.08.2019

Edition - Justice - Anne Robillard - Chevaliers Emeraude - justice procès


Quand les chiffres s’interposent, plus question de belles lettres : entre Anne Robillard, l’écrivaine québécoise, et son éditeur, les Éditions de Mortagne, l’époque n’étaient plus aux bijoux. Pourtant, la saga des Chevaliers d’Émeraude, véritable succès, aurait dû apaiser les humeurs. Sauf que les chiffres, toujours les chiffres…


Anne Robillard - Bove Morgan, domaine public
 

La justice était devenue le lieu de rendez-vous favori des deux parties : d’un côté, la romancière qui a produit 12 tomes des Chevaliers chez l’éditeur, de l’autre, 2,3 millions de dollars de revenus des ventes de livres. Sauf qu’Anne Robillard annonce sur son site que ses 70 romans se sont écoulés en tout à plus de 5 millions d’exemplaires.
 

Diffamation et soldes


Quel est le problème ? D’un côté, l’autrice s’estimait lésée, alors que son éditeur avait soldé une partie des stocks restant. Quelque 10.000 exemplaires de la saga avaient été écoulés pour 10 cents chez un soldeur, qui les a fait vendre chez Dollarama pour 2 $. Cette chaîne de boutique est connue au Canada pour ses produits vendus à prix unique et proposant à peu près tout et n’importe quoi.

Pour Anne Robillard, ce soldage était une décision intolérable, et à plusieurs reprises, sur Facebook, elle avait manifesté son mécontentement. Et en des termes très fleuris. « Un éditeur qui respecte ses auteurs ne met pas leurs livres en solde tandis qu’ils sont encore en vente dans les librairies », écrivait-elle. 

La colère de la superstar de l’édition québécoise avait monté jusqu’à éclater en février 2012 : ces soldes étaient une honte, considérait-elle, alors qu’en librairies indépendantes, les ouvrages sont commercialisés entre 14,95 $ et 29,95 $. 
 

Des traductions suspendues


Selon Hélène Langlois de la Cour supérieure, ces propos relève de la diffamation, attendu que la vente en solde ne contreviendrait en rien au contrat d’édition alors signé. Au titre de diffamation, l’autrice versera donc 15.000 $ de dommages-intérêts, mais l’entreprise, qui réclamait 5 millions $ pour d’autres points, s’est vue déboutée, rapporte La Presse.

En effet, pour l’éditeur, Anne Robillard était responsable d’avoir empêché la vente des droits de traduction des Chevaliers pour trois territoires — États-Unis, Japon et Canada anglophone. Elle avait remis en question le choix du traducteur et d’autres points, mais les poursuites intentées par la maison sont arrivées bien trop tard. 

À cette heure, on ignore si l’une ou l’autre des parties interjettera appel.


Commentaires
Je trouve la décision de cette juge un brin injustifiée. Jusqu'à preuve du contraire, Anne Robillard a raison, un Editeur digne de ce nom ne liquide pas (car il ne s'agit plus de soldes à ce niveau là, mais belle et bien d'une liquidation) son stock de la sorte.

On peut éventuellement se dire que c'est toujours mieux qu'une mise au pilon.

Quand je vois certains opérations d'été de la part de certaines maisons d'éditions dans l'imaginaire, je me demande souvent comment le prennent les auteurs qui voient leurs ouvrages vendu à 1 ou 2 euros sur certains sites de vente en ligne. Déjà que les droits n'ont pas augmentés avec l'arrivée du livre numérique...
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