Interdiction de faire de la publicité pour un blasphème

Cécile Mazin - 26.08.2015

Edition - International - Anne Summers - féminisme Australie - condition femme


Ne pas confondre lingerie et l’ingénieur informaticien. Pourtant, la dernière embardée de Facebook laisse pantois. L’écrivain Anne Summers, devenue figure iconique du féminisme depuis 1975, fait l’objet d’une censure de la part du réseau sociaux. Parce qu’il n’apprécie pas les gros mots sur les couvertures de livres.

 

 

 

Voilà 40 ans maintenant que l’ouvrage Damned Whores and God’s Police, est devenu une sorte de légende. Au point de n’avoir jamais été toutefois traduit en français, quel dommage. L’ouvrage raconte comment l’histoire et la culture australiennes ont restreint la place des femmes dans la société. Et pour célébrer cet anniversaire, l’auteure est invitée à une conférence qui se déroulera à Sydney. 

 

Le message du livre était d’ailleurs clair, résumé par l’ancienne Première ministre, Julia Gillard : « Au cours de l’histoire de notre nation, les femmes ont toujours été classées dans l’un de ces deux rôles », à savoir super salopes ou police divine. 

 

Bien conseillée, Anne choisit de faire la promotion de cet événement, en investissant quelques deniers publicitaires sur Facebook. Elle donne à la conférence le nom de son livre, fort logiquement, mais voici que le réseau s’indigne : pas question de faire la promotion de cette manifestation. Le contenu du message d’Anne Summers est grossier, et pas question de lui permettre un investissement publicitaire pour le valoriser. Diablerie...

 

Summers s’impatience et explique à la communauté : « On m’a refusé la permission de stimuler un poste contenant la citation [de Gillard]. » Et voici qu’elle propose à ses followers et autres amis de partager abondamment son message, pour espérer obtenir une viralité bien connue. Sauf que, plus que la viralité, ce sont des articles dans la presse dont Anne hérite.

 

Dear FB friends.How do you solve a problem like this:Many years ago I wrote a book and gave it a provocative title....

Posted by Anne Summers on mardi 25 août 2015

 

Elle obtient alors des milliers de likes, de partage et de diffusion, sans que cela ne lui coûte un centime. Plus de 750.000 personnes atteintes, par cette non-campagne de communication, chose dont elle ne peut que se réjouir !

 

 

Moralité : le blasphème ne coûte rien sur Facebook, mais il peut rapporter gros.


Pour approfondir

Editeur :
Genre : pamphlets...
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782246853732

Eloge du blasphème

de Caroline Fourest

« Menacés par les fanatiques, censurés par les lâches, les esprits libres de tous les continents n’en finissent plus de se battre, sur tous les fronts, pour maintenir un monde éclairé. La lumière qui les guide s’appelle le droit au blasphème.  » Caroline Fourest     Après l’immense émotion qui a suivi l’attentat contre Charlie Hebdo, Caroline Fourest revient sur ces voix qui, au nom de la « responsabilité », de la peur d’ « offenser » ou du soupçon d’ « islamophobie », n’ont pas voulu « être Charlie ». Dans cet essai pédagogique sans concessions, elle recadre les débats sur la liberté d’expression et alerte sur les dangers d’une mondialisation de l’intimidation. Elle clarifie la ligne de fracture entre laïcité à la française et relativisme anglo-saxon. Entre droit au blasphème et incitation à la haine. Entre Charlie et Dieudonné. Entre rire du terrorisme, et rire avec les terroristes.  

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