Anthologie : Littérature roumaine, d'Andreia Roman

Clément Solym - 21.03.2011

Edition - Les maisons - andreia - roman - littérature


Andreia Roman (maitre de conférences à l’INALCO de Paris) vient de publier le deuxième tome de Littérature roumaine : une anthologie bilingue de la littérature roumaine, depuis les origines jusqu’à nos jours.

Son éditeur, Michel Carassou (Non Lieu), a d’abord pris la parole, afin de présenter l’ouvrage et son auteure. Il en profite pour souligner l’implication des éditions Non Lieu dans la diffusion des cultures balkaniques, qui publie en plus de livres, une revue le sujet intitulée Au Sud de l’Est. Après quoi Mr Carassou laisse la parole à Me Andreia Roman sur cette question : Qu’est ce que Littérature roumaine ?


A. R. : C’est un florilège qui tend à donner une image globale de la littérature roumaine, à partir des origines jusqu’aux années 2000. Il y aura donc quatre livres au final : les deux premiers que l’on a ici traitent le sujet jusqu’à la première guerre mondiale, le troisième parlera de l’entre deux guerre et le dernier de la littérature contemporaine. Ils devraient respectivement sortir fin 2011 et fin 2012.

Composer une anthologie est une opération mutilante et frustrante car il faut choisir un infime extrait qui doit être représentatif de l’ensemble de l’œuvre. C’est pourquoi j’ai fait des notices critiques qui présentent de manière plus précise l’auteur et son œuvre et tentent de justifier le choix de l’extrait. D’autre part, chaque tome contient une introduction qui présente les grands axes de la littérature roumaine.

Casser l'image erronée de la littérature roumaine

Ce travail, qui pourrait aussi s’intituler « histoire de la littérature roumaine illustrée par les textes », est destiné aux français et aux francophones. Bien qu’il soit entièrement bilingue. Il cherche à démontrer que cette littérature existe, une littérature écrite en Roumanie et en langue roumaine. Les jeunes français ne savent rien de cette littérature.

D’autre part, je souhaite remettre en question deux préjugés à travers ce livre : le premier consiste à associer systématiquement la littérature roumaine au folklore et à une forme de primitivité qui s’oppose à la modernité industrielle. Le second consiste à croire que la fine fleur de la littérature roumaine n’a trouvé ses lettres de noblesse qu’en France, se limitant à des noms comme Cioran ou Mircea Eliade, qui appartiennent, en quelque sorte, à la littérature française.

Ces préjugés dénaturent l’image de la littérature roumaine dans les mentalités. Même Xavier Darcos, dans sont Histoire de la littérature française, parle de Tristan Tzara en le présentant comme un immigré allemand. Il élude complètement sa nationalité Roumaine et ce faisant il occulte la valeur de la littérature roumaine.

Pour quel public ?

Mon livre s’adresse en priorité aux étudiants et à la centaine d’élèves de lycée qui choisissent le roumain comme 3eme langue au bac. Vous savez, il y a peu d’instruments de travail pour ces jeunes. Pas de dictionnaires, pas de manuels… J’essaye de combler un peu ce manque. Mais mes livres s’adressent aussi à la génération de la diaspora roumaine, qui est nostalgique de cette époque et peut convoquer des souvenirs grâces aux textes.


Ce qui m’a guidé, c’est avant tout mon expérience en tant qu’enseignante. J’ai remarqué l’intérêt des jeunes pour la littérature ancienne qui représente une partie d’une histoire, d’une culture et d’une spiritualité. La Roumanie est un pays plein d’ambiguïtés qui appartient à la fois à un espace latin, slave et européen.

Michel Carassou reprend le micro pour conclure brièvement : « Les livres d’Andreia Roman s’adressent aussi à tous les amateurs de littérature qui veulent découvrir des auteurs roumains. »