Antitrust : Penguin abandonne Apple pour l'accord avec la CE

Julien Helmlinger - 19.04.2013

Edition - Economie - Penguin - Antitrust - Concurrence


La maison d'édition Penguin, histoire de faire son ménage de printemps avant de finaliser son projet de fusion avec Random House, vient de faire un pas en avant dans le règlement de l'enquête antitrust de l'Union européenne dont l'éditeur fait l'objet. La filiale de Pearson a conclu un accord avec la Commission européenne, proposant de réviser les modèles de tarification des livres numériques, pour apaiser les inquiétudes.

 

 

 

 

Comme le rapporte le Journal officiel de l'UE, Penguin s'engage, pour deux ans, à ne pas « restreindre, limiter ou empêcher » les offres discount des revendeurs de livres numériques, tout comme leurs capacités à « fixer, modifier ou réduire » leurs propres prix pour les ebooks. Or depuis les premiers jours de l'ebook, les éditeurs ont souvent eu tendance à soutenir l'idée d'un tarif élevé, tandis que les détaillants sont en général à la recherche de titres à bas prix pour leurs clients.

 

Mais depuis le règlement antitrust chapeauté, aux États-Unis, par le Department of Justice, l'univers des étiquettes tarifaires a muté. Si la plupart des best-sellers étaient auparavant tarifés à un prix généralement supérieur à 10 dollars, et les titres autoédités entre 0,99 et 2,99 dollars, aujourd'hui, la zone de prix moyenne se situe entre 4,00 et 8,00 dollars, pour toutes sortes de livres. 

 

Si les autres maisons visées par l'investigation antitrust de l'UE ; Apple, Simon & Schuster, HarperCollins, Hachette Livre et Holtzbrinck ont fait leurs propositions, dès l'année dernière au cours du mois de septembre, l'on attendait plus que Penguin.

 

Le régulateur antitrust de l'UE laissera néanmoins un délai, jusqu'au 19 mai prochain, afin que les entreprises et leurs clients puissent soumettre leurs commentaires et éventuelles suggestions de changements substantiels. Passé cet ultimatum, les modifications annoncées par l'éditeur prendraient leur caractère juridiquement contraignant.

 

Via communiqué, la maison d'édition annonce que : « La position de Penguin comme quoi il n'a rien fait de mal reste inchangée et la société continue de croire que le modèle d'évaluation de l'agence fonctionne dans le meilleur intérêt des consommateurs et auteurs. Alors que nous sommes en désaccord avec certains éléments de l'analyse de la Commission, nous nous arrangeons aussi. Une question de procédure pour nettoyer les bureaux en prévision de notre projet de fusion avec Random House. »