Antoine Gallimard détaille la transition de Flammarion vers Madrigall

Antoine Oury - 03.02.2014

Edition - Les maisons - Antoine Gallimard - Madrigall - LVMH


Antoine Gallimard, Officier de la Légion d'Honneur et directeur des éditions Gallimard, a confié au Buzz Média Orange-Le Figaro quelques détails sur la transition de sa maison d'édition et de Flammarion vers Madrigall, le holding familial. En octobre 2013, le groupe LVMH entrait au capital de la société, à hauteur de 9,5 %, notamment pour éponger la dette du groupe après le rachat de Flammarion en 2012.

 

 

Pierre Dutilleul (Editis) et Antoine Gallimard

Pierre Dutilleul (Editis) et Antoine Gallimard, en juin 2013 (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Pour rappel, le rachat de Flammarion en 2012 (auparavant propriété de l'italien RCS MediaGroup), pour 251 millions €, avait généré une importante dette, de 185 millions €. Même si le prix payé pour Flammarion a été « inférieur », comme le souligne Antoine Gallimard, les banquiers souhaitaient une garantie de solvabilité.

 

Une des raisons pour lesquelles LVMH est entrée au capital de Madrigall, à hauteur de 30 millions € environ, mais pas la seule : « Bernard Arnault a accepté de venir pour un certain nombre de raisons: l'histoire de la maison, son prestige littéraire, son caractère patrimonial et familial. Nous partageons les mêmes valeurs sur la durée de la qualité des choses et il existe avec LVMH un pacte d'actionnaires. Nous sommes dans un climat de confiance. »

 

L'alliance avec LVMH avait soulevé quelques craintes, notamment celle d'assister rapidement à une nouvelle « affaire Hermès ». En octobre 2010, LVMH annonçait l'acquisition de 17 % du capital Hermès, un mouvement financier très mal vu par la maison fondée par Thierry Hermès. Antoine Gallimard écarte toutefois un scénario de ce type : « La comparaison entre Hermès et le groupe n'est pas pertinente. Madrigall n'évolue pas dans le même secteur que LVMH. Désormais, Madrigall a une structure financière saine. De plus, le groupe a des bases solides », explique-t-il sur le plateau du Figaro.

 

Revenant sur l'année passée, Antoine Gallimard confirme les résultats ternes de l'édition française, dus en partie aux difficultés de la librairie, selon lui : « Notre groupe a été touché comme le reste de l'édition en France. Mais alors que le marché du livre dans son ensemble est en recul d'environ 2 %, le chiffre d'affaires réalisé par le Groupe Madrigall dans ses différents réseaux de vente est stable par rapport à 2012 et nous avons maintenu notre profitabilité grâce à une maîtrise des coûts. »

 

Madrigall a dernièrement acheté le Hall du Livre de Nancy, ex-Chapitre, mais la société n'envisage visiblement pas une autre acquisition : « J'aime la librairie par conviction, mais ce n'est pas mon métier de base. Aujourd'hui, Madrigall dispose d'une dizaine de librairies qui réalisent un chiffre d'affaires annuel de près de 40 millions €. » 

 

D'autant, pourrait-on ajouter, que M. Gallimard n'a jamais demandé à ses librairies d'être rentables, simplement de parvenir à l'équilibre financier - du moins de ne pas perdre d'argent. Une politique intéressante, tant qu'il s'agit de disposer de vitrine pour la présentation des fonds de sa maison, et la commercialisation des livres d'autres éditeurs.

 

Le directeur des éditions Gallimard a garanti une nouvelle fois l'indépendance de chaque maison, et a par ailleurs assuré que « le jeu reste ouvert » quant à sa succession, dans le futur. Le groupe Madrigall, signale-t-il, vient de créer une maison d'édition au Québec et développera la diffusion de beaux livres aux États-Unis, avec Flammarion.