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Antonin Artaud, un siècle d'écrivain, l'écrivain d'un siècle

Cécile Mazin - 17.02.2014

Edition - Société - Antonin Artaud - théâtre de la cruauté - électrochocs


En 2000, France 3 diffuse une série de documentaires liés aux écrivains qui ont forgé le XXe siècle. Étonnamment, le premier d'entre eux est consacré, par André S. Labarthe, à Antonin Artaud, Artaud-Cité | Atrocité. Un siècle d'écrivain, tout cela était bel et bon, mais Antonin Artaud est-il seulement réellement né, et surtout, si sa naissance est confuse, est-il possible qu'il soit mort près de cinquante années plus tard ?

 

 

Antonin Artaud, painted portrait DDC_2833

Abode of Chaos, CC BY 2.0

 

 

 

Si les dates mentent, Antonin avait assuré à Jacques Rivière, alors directeur de la NRF, qui refusera son premier manuscrit en 1923 : « Je puis dire, moi, vraiment, que je ne suis pas au monde, et ce n'est pas une simple attitude d'esprit ? » Dans ce cas, interroge André S. Labarthe, « À qui fera-t-on croire, qu'Antonin Artaud n'est pas né plutôt ce 13 janvier 1947 quand, devant une assemblée médusée, il s'accouche lui-même, en direct, sur la scène du Théâtre du Vieux Colombier, 14 mois avant la date de sa mort administrative ? Alors ? Antonin Artaud serait-il mort avant d'être né ? C'est une hypothèse, qui irrigue, en toute absence de preuve, le film que vous allez voir. Bienvenue dans la crypte. »

 

Trois séquences d'une quinzaine de minutes, pour découvrir le portrait d'un créateur atypique, invraisemblable, qui, pour avoir exploré les confins de l'être et du monde, aura été soigné aux électrochocs. Artiste, écrivain, dessinateur, poète, il avait déjà conçu le théâtre de la cruauté dans son plus jeune âge. Il sortira de l'asile de Rodez, le 26 mai 1946, après avoir été interné le 22 janvier 1942. Le reportage en fait état…