Apocalypse Beig' : sevice pédagogique corporel contre le piratage

Clément Solym - 13.09.2011

Edition - Société - beigbeder - main - gueule


Nous allons donner un rendez-vous simple à toutes les personnes qui apprécient la littérature, la lecture, et n'aiment pas trop être menacées, ni privées de leurs droits de lecteurs. Renvoyant le sieur Beigbeder à la lecture de Pennac, il faut lui faire prendre conscience que les lecteurs ont tous les droits, surtout celui de lire de la manière dont ils le souhaitent.

Ainsi, le 19 septembre, la Fnac invite tout un chacun à se rendre à 20h30 au Palace, pour découvrir un Frédéric Taddéï qui accompagnera Beigbeder, venu présenter son nouveau livre, Premier bilan après l'Apocalypse.

Pour ce Fnacmix, le Beig présentera ses goûts littéraires, musicaux, cinématographiques, en entrecoupant les lectures tirées de son oeuvre d'extraits des uns et des autres. « Ces lectures seront ponctuées de musique, de Police à Jane Birkin en passant par les Beatles… et de projections vidéo avec des extraits de Farenheit 451 ou American Psycho entre autres », précise la Fnac.

Alors, mon ami, rendez-vous le 19 septembre (8, rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris), si tu as envie de lâcher 9 € pour cette séance de pitrerie remarquable. 6 € si tu es étudiant ou que tu as moins de 25 ans.

Allez viens je t'emmène au vent...

Mais pour te motiver, toi qui n'apprécies pas que l'on te prenne pour une vache à lait, tout juste bonne à acheter du papier, voilà de quoi t'inciter à sortir de chez toi.

 

 


L'auteur Beig, invité chez Europe 1 par Nikos, a décidé de défendre une fois de plus la sainte lecture papier, contre l'hérétique édition numérique. Rappelons à ce titre que son dernier livre n'est pas disponible en ebook.

Mieux : comme nous le soulignons, au sortir de son intervention la semaine passée sur France Inter, le livre conclut sa préface comme suit. « Ultime précision : Premier bilan après l’apocalypse n’est téléchargeable sur aucun site Internet. Toute version disponible autrement que sur papier est donc une version fausse ou piratée. Si je vous surprends à lire ceci sur un écran, c’est ma main dans la gueule. Compris ?! » (voir notre actualitté)

Outre que ce type de menace est passablement stérile, et puissamment agaçant, il semble bien que Beigbeder, qui avait oublié cet argument massue durant son passage sur Inter, ait pris le temps de relire nos colonnes pour apporter un peu d'eau à son moulin.

La répétition, base de la pédagogie

Parce qu'à force de ressasser les mêmes âneries, le sieur Beigbeder manquait un peu de volume. Au menu « les écrans, c'est effrayant, et on l'a vu pour l'industrie du disque », donc « voilà ce qui va se passer, les gars, dans cinq à dix ans » : la fin de toute l'édition, de la librairie, en passant par les éditeurs, sans oublier les suppléments littéraires dans les journaux, et ainsi de suite. Son apocalypse à lui...

Et de mettre en cause « la dématérialisation », une chose gravissime, qui a frappé le disque (ah, ah ?), qui concerne le livre, et ainsi de suite. Parce que l'auteur a conçu son ouvrage pour être un objet unique, dont on tournera les pages avec précaution et que non, l'auteur n'a pas pensé son livre pour en faire un truc-machin sur écran.

Ah tiens donc... La création de livres se limiterait ainsi à la définition fiscale, à savoir « un ensemble imprimé, illustré ou non, publié sous un titre, ayant pour objet la reproduction d’une oeuvre de l’esprit d’un ou plusieurs auteurs en vue de l’enseignement, de la diffusion de la pensée et de la culture » ? Il serait impensable de créer autre chose ?

Pas de version numérique ?

Bon, tout le monde s'accordera pour reconnaître que les séances nocturnes sur un capot de voiture pourraient avoir altéré la définition de ce que peut être la création de M. Beigbeder. En revanche, ce qui est désagréable, c'est d'entendre : « Je dis à la fin que ce livre n'est pas disponible sur Internet, donc si vous le trouvez, c'est que vous l'avez piraté, et par conséquent, c'est ma main dans la gueule. »

Très fort... Très, très fort... Ce que voulait probablement dire Frédéric, qui maîtrise bien son sujet, c'est que le livre n'est pas commercialisé sous sa forme numérique. Parce qu'il est fort probable que l'on puisse l'acheter sur internet en version papier.

En revanche, difficile de faire passer la pilule : trouver le livre sur Internet, en version ebook, ne signifie pas que celui qui le trouve l'a piraté. Du tout. Mais qu'il a été numérisé sans l'accord de Frédéric. En revanche, vous pouvez, si vous disposez d'un scanner à livre chez vous, le numériser pour votre propre compte et en toute légalité, dans le cadre de l'exception de copie privée. (voir notre actualitté)

Et ça, c'est dans ta gueule, Fred.

 

 

 

 


Mise à jour (non sans ironie) :
Probablement facétieux, les p'tits gars de iTunes ont aujourd'hui mis à la Une de la boutique de ventes d'ebook Les livres de Frédéric Beigbeder. Assurément, on n'y retrouve pas Dernier bilan avant l'Apocalypse, mais tous les autres y sont...