Appel québécois à la contre-édition

- 21.05.2013

Edition - Société - contre-culture - autoédition - contestation


En 2009 pour contrer la concurrence américaine, la fondation littéraire Fleur de Lys lançait une polateforme d'autoédition dite « responsable ». Un concept de traçabilité avec obtention d'un ISBN et dépôt légal d'un manuscrit obligatoire. En ligne de mire, Lulu, leader américain qui avait connu des usurpations d'identité d'auteurs.

 

 


 

 

Cette fois, le coup de gueule est plus général avec un appel à la contre-édition. Un terme qui pioche largement dans l'imaginaire des années 70, la contre-culture et la résistance aux modèles dominants. À l'origine, une question lancée dans la revue québécoise Liberté sur ce qui restait des acquis de cette époque dans la société du Québec. 

 

« Une dent contre les obstacles à la liberté », qui passe logiquement par le numérique et l'impression à la demande, nouveau marché du livre numérique qui « repousse les contraintes à la liberté d'édition », selon Serge-André Guay, président de la fondation. Des barrières qui, outre les thématiques récurrentes des usages liberticides tels les DRM, s'attardent sur le taux de refus de manuscrits par les éditeurs historiques.

 

Guay cite le chiffre de 90% de recalés, « une masse critique » qui ne pouvait pas rester dans « une résignation silencieuse » avec les espoirs de développement portés par le numérique. « Peuple en écriture », « canal d'irrigation creusé au champ de la liberté »: la prose emphatico révolutionnaire vise, à sa manière, les usages jugés dépassés. Il relève également dans la revue Liberté : « A l'ère du numérique et de l'intangible, s'imposer le passage de l'imprimé, c'est se contraindre à une certaine lenteur avec l' instantanéité ambiante », n°299, 2013.

 

En matière d'édition alternative, et du besoin de toujours plus coller à la consommation du temps par nos contemporains, Guay abonde dans le sens des options contre-éditoriales de l'impression à la demande et du micro-tirage. S'il évoque l'effet bricolage du Do It Yourself (réalisation sans assistance experte) , le fondateur de la structure en appelle à la culture du support - nécessairement contestataire. « [E]n réalité et en pratique, le vrai message c'est le médium en lui-même », les mots sont du sociologue McLuhan mais il les fait sien.

 

Portan l'accent sur l'autoédition, comme sa propre plateforme, le contre-éditeur mise sur le gain de nouveaux lecteurs par la venue de nouveaux écrivains à ses médias. Au motif que l'acheteur de livres se fiche de différencier les librairies virtuelles, physiques et les différents marchés de l'édition.