Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Applis, YouTube, SMS signent le déclin de la lecture chez les enfants

Clément Solym - 27.09.2013

Edition - International - lecture - enfants - comportement de lecteurs


Alléluia, les enfants lisent. Hélas, les applications, les jeux et YouTube sont autant de petits divertissements qui les détournent des pages de livres. Les données recueillies par NIelsen Book suggèrent que 32 % des enfants lisent des livres chaque jour, et 60 % chaque semaine. Mais les atours du numérique sont nombreux, et font chuter drastiquement les données. 

 

 

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hans s, CC BY SA 2.0

 

 

Une enquête réalisée auprès de 2000 enfants britanniques, durant le mois de juin, découvre que 50 % des foyers possèdent une tablette (au moins !), soit deux fois plus que l'an passé. Présentée durant la Bookseller Children's Conference, l'étude ne montre pas non plus que les enfants se lancent dans des lectures numériques sur leurs appareils. 

 

Pour 32 % des enfants, la lecture est quotidienne, et leur deuxième activité après la télévision, à 36 %. Les réseaux sociaux pèsent pour 20 %, YouTube pour 17 % et les jeux mobiles à 16 %, rapporte le Guardian. De même, 60 % des enfants lisent chaque semaine avec plaisir, et si l'on prend en compte les enfants à qui les parents lisent des livres, on atteindrait 72 %...

 

Sauf que l'on découvre d'autres données plus contrariantes, si l'on se base sur les activités hebdomadaires : seules trois ont augmenté, à savoir, les applications jeux, les vidéos sur YouTube et les SMS. La lecture accuse le coup d'une chute de 8 %, note JO Henry, de Nielsen. « Je tiens à souligner que la plupart des enfants sont encore des lecteurs de livres, moyens et grands. Mais ce que nous constatons, c'est un essor réel du nombre occasionnel de lecteurs, et même dans le marché de la jeunesse. »

 

Alors que faire ? Les enfants qui sont de grands lecteurs lisent environ 45 minutes par jour, les moyens lecteurs consomment moins de 15 minutes chaque jour, mais lisent chaque semaine, et les lecteurs occasionnels lisent une à trois fois par mois. « Ce que nous constatons c'est que les non-lecteurs ont augmenté de 22 à 28 % chez les enfants », poursuit Jo Henry. Les distractions numériques augmentant, elles font des ravages chez les adolescents : les 11-17 ans sont des lecteurs en grande diminution.

 

Entre 2012 et 2013, les 11-17 ans qui ne lisent pas sont passés de 13 à 27 %, et les lecteurs occasionnels de 45 à 38 %. Les gros lecteurs sont tout de même passés de 15 à 16 %, chose rassurante, mais pas suffisante pour compenser les chiffres. 

 

Or, Nielsen a également demandé aux enfants s'ils apprécieraient de lire en numérique. En 2012, ils étaient 21 % à dire qu'ils le faisaient déjà, contre 38 % qui aimeraient bien. Aujourd'hui, ils sont respectivement 33 et 28 %. La lecture numérique serait devenue plus commune, mais moins attractive ? Le défi est bien de parvenir à séduire les nouveaux publics en leur proposant des contenus qui captent l'attention, tout en parvenant à conserver l'attention, un véritable défi...