Apprentissage de la solidarité par le don de livres

Clément Solym - 03.02.2012

Edition - International - économie - offrir - charité


Quatre années que Concord Free Press a mis en place un programme aux États-Unis, par lequel des milliers de livres ont été offerts. En l'échange de quoi, Stona Fitch, sa fondatrice, souhaite que l'on fasse un don à un organisme de charité, laissé à la discrétion du lecteur. Mais après tous ces mois de cadeaux, la société a fait le point : aujourd'hui, ce sont 250.000 $ de dons qui ont été réalisés. 

 

Contactée par le LA Times, Stona explique combien cette cause a pu l'animer, durant ces années passées. Une incitation à rendre les lecteurs généreux, autant qu'à s'ouvrir aux autres. Concord Free Press est de toute manière une organisation à but non-lucratif, entièrement gérée par des bénévoles, et qui dispose du soutien financier du romancier Russel Banks. Sans qui la situation serait un peu plus complexe. 

 

Et Stona d'assurer : il n'y a aucune arnaque, pas de questionnaire à remplir, pas d'engagement à prendre, autre que celui de faire un don, qu'importe le montant. Et pour faciliter la vie des lecteurs, une liste de sociétés est présentée sur le site internet : tout repose sur une confiance réciproque, autant du côté de l'organisme, que du lecteur.

 

 

Il ne s'agit pas de jouer à la police, assure Stona : si certains ne jouent pas le jeu, tant pis, ils passent à côté de l'esprit dans lequel s'inscrit Concord Free Press. Chaque livre proposé n'est disponible qu'à 3000 exemplaires, et un numéro de suivi permet de savoir où vont les dons. Tout cela voyage beaucoup, et les auteurs à découvrir, pour les lecteurs sont nombreux. 

 

Au point que Gregory Maguire, auteur de Wicked: The Life and Times of the Wicked Witch of the West, qui avait été adapté dans une comédie musicale à Broadway, avec un grand succès, a décidé d'aller plus loin. L'un de ses livres, refusé par son éditeur habituel, a littéralement été offert à Concord Free Press. Une relation autre, nouvelle, évidemment, et particulièrement louable. 

 

Tout cela repose sur une économie ancienne, aujourd'hui passablement oubliée, voire passée de mode : l'économie du don, souligne Stona. Avec l'ensemble des livres envoyés, son organisme a donc généré 250.000 $ de revenus pour les associations caritatives. Un objectif qui n'existait pas, mais surtout que Stona n'avait pas du tout prévu. « Lorsque nous avons commencé, nous n'étions pas certains que les personnes joueraient le jeu, et ne nous donneraient jamais de retour, ou même, que tout cela ne prendrait pas, et que nous resterions assis ici, avec de grosses piles de livres sur nos bureaux. »

 

L'économie du don... Intéressant...