Après 10 jours de confinement, les ventes de livres “en baisse” chez Amazon

Nicolas Gary - 09.11.2020

Edition - Economie - Amazon baisse activité - vente livres France - distribution livres éditeurs


Régulièrement fustigée, la firme américaine ne profiterait pas autant qu’on l’aurait imaginé de ce retour au confinement. Selon les données d’un distributeur, loin de se réjouir toutefois, l’activité du cybermarchand est « plutôt en baisse ». Et ce, sur l’ensemble de la semaine passée. 

Click and collect en librairie - La belle lurette


Difficile de crier victoire, quand il s’agit d’indiquer que les ventes de livres diminuent chez l’un des acteurs, mais impossible de se refuser un sourire de contentement. Les données proviennent du volet distribution du groupe Madrigall, mais ont l’effet d’un baume. Évidemment, ce n'est qu'un des distributeurs de livres auprès desquels la firme s'alimente, mais la tendance se dessine.
 

Amazon chute, les librairies grimpent


« Cela signifie que nous serions en train de gagner la bataille de la communication, que le sens de ce que nous sommes au sein des villes est compris par les gens », analyse un libraire. En effet, suivant les données collectées, l’activité d’Amazon est plutôt en baisse sur la totalité de la semaine passée. « Toutes les actions en faveur du click & collect vers les libraires au détriment d’Amazon portent peut-être leurs fruits... », indique le distributeur. 
 
Dans le même temps, on observe que l’activité sur Fnac.com reste très forte, mais principalement sur de la livraison à domicile, tandis que le click & collect en boutiques ne représenterait que 10 % du chiffre.

Quid pour la librairie ? Dans l’attente de datas de L’Observatoire de la librairie, on peut se fier aux chiffres des distributeurs. Les libraires de France se tiendraient donc entre 30 et 40 % de leur chiffre d’affaires par le système de click and collect. Mieux : le niveau des stocks reste haut, dans l’espoir d’annonces propices cette semaine.
 

Click & Collect : à quel prix ?


Et une réouverture complète, même avec des conditions d’accueil drastiques, deviendrait préférable, observe un libraire. « Nous sommes changés en logisticiens, sans en avoir les moyens ni la structure. Certes, nous créons de nouveaux comptes, par internet, mais ce ne sont pas là nécessairement de nouveaux clients. »

La dure réalité du click and collect s’impose après dix jours de pratique : « En l’état, si ce modèle perdure sur tout le mois de novembre, je finirai par perdre plus d’argent qu’au cours des huit semaines du premier confinement. »

L’argument revient, encore et encore : pour assurer le service de C&C, les librairies sont obligées de mobiliser la quasi-totalité de leurs salariés, avec un chiffre d’affaires qui oscille donc entre 30 et 40 % de celui réalisé en novembre 2019.
 
« C’est un paradoxe : si Amazon diminue, c’est que nous gagnons en fidélité de nos clients. Mais avec un personnel qu’il est impossible de mettre en chômage partiel, nous grappillons des parts de marché à un coût douloureux. C’est rassurant pour l’avenir, mais à court terme, n’importe lequel d’entre nous doit être préoccupé. »
 

Ubu, ou la Maison des fous


Reprendre une activité, strictement encadrée, ce sont là les propos que Bruno Le Maire, ministre de l’Économie tenait ce week-end : une jauge renforcée pour l’accueil dans les commerces, des distances de sécurité renforcées. Pour la librairie, « cela reviendrait à mettre plus de gel hydroalcoolique. Tant qu’on ne nous demande pas de procéder à des douches, tout va bien », nous indique-t-on avec le sourire.

« Même la prise de rendez-vous s’organiserait, peut-être plus facilement pour une petite structure. En fait, les contraintes, on s’en accommodera : l’important c’est de pouvoir rouvrir au public. »

Une décision qui rendrait la vie de chacun nettement plus commode. Dans une note du 5 novembre, le Syndicat de la librairie française revenait sur les restrictions à la vente de livres : à qui et comment cela s’applique-t-il ? Dans ses conclusions, on comprend combien la situation vire à la pantalonnade administrative.

« Les magasins spécialisés dans la vente de journaux et de papeterie ne sont donc pas autorisés à vendre des livres au public qu’ils accueillent en vue de la vente autorisée de presse et papeterie. À l’inverse, les librairies qui ne sont pas autorisées à accueillir du public pour la vente de livres peuvent toutefois en accueillir pour l’accès aux rayons papeterie et/ou presse, en fermant l’accès aux rayons livres. »


crédit photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
"l’activité d’Amazon est plutôt en baise..." (sic) tu la dit, Nicolas Gary cool mad
« Quid pour la librairie ? Dans l’attente de datas de L’Observatoire de la librairie, on peut se fier aux chiffres des distributeurs. Les libraires de France se tiendraient donc entre 30 et 40 Þ leur chiffre d’affaires par le système de click and collect »

Comment ? Mais ça veut dire qu'on peut avoir les chiffres de vente en direct ? Pourtant, (presque) tous les éditeurs disent que ce n'est pas possible ? Un auteur pourrait donc suivre ses chiffres au jour le jour...

Je commence à apprécier le monde d'après. Ah non, je crois que ça en restera là : faut quand même pas rêver non plus !
Oui les libraires indépendants qui participent à l'Observatoire du SLF envoient leurs données en temps réel via leur informatique, et voient donc ce qui se passe au niveau national.

Donc évidemment un librairie peut dire à actualitté qu'il voit que la plupart des librairies sont entre 30 et 40 Þ leur activité normale en retrait magasin.

Oui, les libraires indépendants sont organisés et informatisés avec des solutions collectives efficaces !
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