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Après avoir essuyé le feu des Talibans, elle ouvre la bibliothèque de Birmingham

Julien Helmlinger - 03.09.2013

Edition - Bibliothèques - Bibliothèque - Birmingham - Ouverture


Après avoir suscité quelques grincements de dents, en raison de son impressionnant coût de 188 millions £, la plus grande bibliothèque d'Europe ouvre finalement ses portes à Birmingham. Et c'est une adolescente, Malala Yousafzai, qui après s'être fait tirer dessus par les Talibans pour avoir défendu le droit des femmes au Pakistan, aura l'honneur de glisser le dernier bouquin sur les étagères de l'institution : L'Alchimiste, de Paolo Coelho.

 

 

 

 

Au cours du mois d'octobre dernier, au Pakistan dont elle est originaire, la jeune fille âgée de 16 ans avait pris une balle dans la tête pendant l'attaque d'un autobus scolaire par des Talibans. Les jeunes civils embarqués dans le véhicule se contentaient de militer pacifiquement en faveur du droit des femmes à bénéficier d'une scolarité. Mais dans cette région ou les fondamentalistes entendaient appliquer une version stricte de la charia, on aura préféré tirer sur les enfants plutôt que de leur accorder une éducation.

 

Suite à sa blessure, elle a été évacuée à Birmingham ou elle a été soignée au sein de l'hôpital Queen Elizabeth. Depuis, elle n'est pas retournée en son pays natal, mais a été récompensée par deux distinctions pacifiques, du Tipperary International Peace Award ainsi que de l'International Children's Peace Prize.

 

L'adolescente s'estime honorée d'avoir été choisie pour cette mission d'ouverture de la bibliothèque publique. Elle placera son propre exemplaire du livre de Coelho sur les étagères et se verra offrir son abonnement au service de prêt. Elle dévoilera en outre une plaque commémorative, ce mardi, lors d'une cérémonie sur le Centenary Square.

 

Pour Malala Yousafzai, « Il n'existe de meilleure arme que la connaissance, et pas de plus grande source de connaissance que les mots écrits. [...] C'est mon rêve que, un jour, de grands bâtiments comme celui-ci existent dans tous les pays du monde afin que chaque enfant puisse grandir avec la possibilité de réussir. » Un voeux pieux, même si non conforme avec la charia.

 

L'adolescente, la tête bien faite, aurait également signé un juteux contrat, d'une valeur de près de 3 millions $, afin de publier sa propre histoire.