Après l'homo sapiens viendrait l'homme augmenté

Clément Solym - 20.12.2012

Edition - International - Transhumanisme - Homme augmenté - Science-fiction


Pour les partisans du transhumanisme, l'évolution de l'espèce humaine prendra inéluctablement le chemin qui unira un jour l'homme et la machine. Tandis que les nouvelles technologies pourraient donner naissance à un homme dit amélioré, aspirant à vivre des siècles ou encore à développer des interfaces cérébrales avec les ordinateurs, le débat suscite des réactions diverses et tout son lot de questions d'ordre éthique.

 

 

 

 

 

L'humanité pourrait bien se rapprocher du Meilleur des Mondes, décrit par Aldous Huxley, tandis que le géant Google s'est attaché les services d'un chantre en matière de transhumanisme (voir notre actualitté). En effet, selon le scientifique américain Ray Kurzweil, l'homme aura augmenté son intelligence des milliards de fois, d'ici 2045, en la fusionnant avec celle, artificielle, des machines.

 

A l'occasion d'un colloque, le professeur au Muséum national d'Histoire naturelle Pierre-Henri Gouyon, a déclaré : « Il y a des scientifiques qui voient le monde comme un immense Lego, un jeu génial où on peut jouer avec les petites pièces. [...] Il y en a d'autres pour qui le monde est un petit peu trop complexe pour qu'on joue comme ça. »

 

Pour l'écrivain Jean-Michel Besnier, auteur de Demain les post-humains : le futur a-t-il encore besoin de nous ? « A l'horizon de l'homme augmenté, il peut y avoir l'homme parfait. »

 

Ce mercredi, le Centre d'analyse stratégique (CAS) a publié les résultats d'une enquête, au sujet des réactions du public face à l'idée d'une éventuelle post-humanité. Et les opinions sont divisées, quelque part entre horreur et enthousiasme.

 

Selon son président Vincent Chriqui, l'homme augmenté fait néanmoins toujours partie de la science-fiction. Mais ce projet d'évolution humaine, né dans la littérature d'anticipation, est abordé comme un thème réaliste par certains scientifiques et surtout depuis les années 2000. Avec le développement des nanotechnologies, de la biotechnologie, de l'informatique et des sciences cognitives (NBIC).

 

Pour lui, le débat reste encore confiné à des cercles trop étroits, tandis que « les défis sociaux et les questions éthiques que ces technologies éventuelles poseraient sont nombreux et nécessitent qu'une réflexion collective soit menée très en amont ».