Après le plagiat, mise en examen d'Alain Minc et Grasset pour diffamation

Julien Helmlinger - 08.11.2013

Edition - Justice - Alain Minc - Justice - Grasset


Retour dans la mêlée judiciaire ? Après avoir été condamné à verser 5000 euros de dommages auxquels s'ajoutaient une rallonge de 6000 en frais de procédure, pour s'être rendu coupable de plagiat dans son livre L'Homme aux deux visages : Jean Moulin, René Bousquet, itinéraires croisés, l'écrivain français Alain Minc et son éditeur Grasset ont été mis en examen pour diffamation. Cette fois le plaignant est Christian Didier, l'assassin de René Bousquet que l'essai biographique en question présente comme « fou ».

 

 

 

 

Comme le présente le procureur d'Épinal Étienne Manteaux, ces deux mises en examen seraient « tout à fait formelles [...], mais cela veut dire qu'il y aura très certainement un procès ». Il précise : « En matière de droit de la presse, l'auteur principal est l'éditeur de l'ouvrage. M. Minc n'est poursuivi qu'en tant que complice.»

 

Selon le droit pénal, le complice pourrait néanmoins être puni « aussi sévèrement » que l'auteur principal désigné par la justice, comme le précise le procureur, sans toutefois présumer d'une condamnation dans l'affaire en question.

 

La diffamation reprochée concerne à nouveau des passages du controversé L'homme aux deux visages. Jean Moulin, René Bousquet, itinéraires croisés. Tandis que l'auteur y spécule : « Christian Didier aurait-il été télécommandé ? Fadaises, à l'évidence. L'homme était fou », ce dernier, âgé de 69 ans et qui avait déjà été condamné pour port d'arme en avouant avoir voulu blesser Klaus Barbie dans la prison de Saint Paul, le « vengeur des victimes des nazis » a porté plainte au cours du mois de juillet 2013.

 

Pour justifier son accusation de diffamation, celui-ci invoque le fait que plusieurs expertises psychiatriques avaient établi « à l'unanimité » qu'il était « responsable » de son acte criminel.

 

À l'issue de son procès pour le meurtre du collaborateur vichyste René Bousquet, en 1993, Christian Didier avait été condamné à 10 ans de prison en 1995, avant d'être libéré en 2000. Sa victime, en tant que secrétaire général de la police sous le régime de Pétain, aurait organisé l'arrestation et la déportation de milliers de juifs en France, dont la rafle du Vel' d'Hiv' de juillet 1942.