Après le recueil épistolaire, le roman courriel-stolaire ?

Clément Solym - 16.01.2009

Edition - Société - recueil - epistolaire - correspondance


Il faut être honnête : combien de lettres envoyons-nous aujourd'hui, même en tablant sur une année ? Peu. En tout cas, bien moins depuis que le courriel, ou email, est apparu. Deux coups de clics, trois lignes ou huit pages, mais la distribution est instantanée, et a fait du mal à la Poste au point qu'une taxe fut envisagée pour les emails, afin de compenser les pertes sur les timbres.

Si, si... mais alors quid de la correspondance des auteurs ? Nous évoquions la complexité d'éditer des oeuvres complètes précédemment, et sa définition même, or, il semble plus délicat encore d'envisager de compulser les courriels envoyés par un auteur, en vue d'établir sa correspondance.

Certes, les ouvrages qui marient internet, blog et littérature commencent à poindre, nous l'avions vu dernièrement avec l'exemple du ratage égocentrique de Pierre Assouline, à travers ses Brèves de blog, qui réunissaient des commentaires choisis des internautes qui pratiquent La république des livres.

D'autres ouvrages paraîtront encore, et il faut redouter leur profusion, autant qu'admirer, s'il est fait sérieusement, le travail de compulsion qu'il représente. Oui, mais voilà : notre auteur, accordons-nous pour prendre en compte sa correspondance courrielesque, pourquoi se résumerait-elle à cet outil ? Comment ne pas envisager dans ce cas que l'on utilise également les SMS qu'il a fait parvenir - pas ceux de la liste de courses, encore que si elle est poétiquement formulée... - à divers destinataires ?

Et plus encore, les messages laissés sur les réseaux sociaux, dans le cadre de conversations privées... Les commentaires laissés sur le mur d'untel, ceux postés en réaction à un sujet d'actualité dans les colonnes d'un site d'information X ou Y ou pires encore, l'historique des messages envoyés via un logiciel de chat... Parlera-t-on donc d'art épistolaire numérique prochainement ? Si le courriel permet le bavardage à loisir, nul doute que la question se posera tôt ou tard pour les chercheurs.

Et alors là, bon courage...