Après un Tour de France, Henri Loevenbruck au comptoir...

Clément Solym - 24.05.2012

Edition - Librairies - Henri Loevenbruck - Comptoir des mots - Harley-Davidson


« La vie est un cabaret » se plaisait à rappeler chaque jour Henri Loevenbruck en guise de conclusion aux billets quotidiens publiés à chaque étape de son Tour de France des librairies indépendantes. Dix jours d'un périple motorisé, autant d'arrêts en librairie, mais beaucoup plus de rencontres : hier soir, l'auteur de Sérum bouclait son voyage au Comptoir des mots, dans le 20e arrondissement de Paris.

 

Il y a du monde au Comptoir : les amateurs du Loevenbruck 2012, Sérum, n'ont pas manqué le rendez-vous que l'auteur leur avait donné dans la librairie, afin de marquer la fin de son Tour de France des librairies indépendantes. Un lieu pas tout à fait choisi par hasard, puisque membre du réseau Librest, qui publiait en début d'année une tribune exposant les difficultés des libraires indépendants face aux géants du e-commerce. (voir notre actualitté)


La bête, au repos



« L'initiative d'Henri Loevenbruck relève donc de la même démarche, une valorisation de la librairie indépendante, qu'il a pour sa part joint avec sa passion pour la moto » nous explique Didier Coviaux, libraire. Outre le Comptoir des mots, six autres librairies de l'Est parisien ont mutualisé leur stock pour proposer un service de commande en ligne qui ne manque pas de répondant. (voir notre actualitté)

 

« C'est la troisième fois qu'Henri nous rend visite, il aime le lieu et l'accueil que ses fans lui réservent, c'est un peu un "retour à la maison" pour lui » s'amuse le libraire, enjoué. « C'est un soutien médiatique qui est le bienvenue, et Henri n'hésite pas à jouer de sa notoriété pour faire venir les gens dans un lieu singulier, peu d'auteurs ont cette démarche » souligne-t-il.

 

 

 

 

Confortablement installé au creux du canapé qui jouxte les livres érotiques, la musique de Sérum en fond sonore, le libraire explique que « beaucoup de clients sont d'abord intimidés en entrant dans une librairie. Il faut réussir à en faire un lieu qui ne soit pas trop solennel. » Lui-même n'est pas opposé à l'idée d'une librairie-café, qui pourrait générer des revenus supplémentaires, certes, mais surtout réinviter les gens à une pause détente en librairie.

 

Retrouver la série Serum, 

dans notre librairie

Au Comptoir des mots, l'offre complémentaire consiste pour l'instant en un espace CD, mais ce dernier exige de l'investissement et du temps, ce dernier étant relativement absent de la journée déjà bien chargée d'un libraire.

 

 Autre pierre angulaire, la relation avec le client. « La discussion avec les clients, c'est clairement l'aspect le plus intéressant de notre métier, et il faut montrer notre dynamisme sur le terrain » lance Coinvaux, prolixe et effectivement pas du tout avare en conseils (il avoue avoir un faible pour les romans de Denis Bretin et Laurent Bonzon, publiés au Masque).

 

Il note que les clients sont de plus en plus sensibles à la situation des libraires indépendants, même à l'occasion de la récente hausse de la TVA. Comme beaucoup de ses confrères, il espère désormais que le nouveau gouvernement, et notamment Aurélie Filippetti, « une jeune auteure, qui connaît le monde de l'édition », va les soutenir dans la nécessaire refonte de leur métier.