Aragon prend place sur l'île Saint Louis

Clément Solym - 01.03.2011

Edition - Société - aragon - aurelien - saint


Souvenez-vous, c'était naguère, ou jadis, comme disait Verlaine, Elsa Triolet et Louis Aragon se tapaient l'affiche au 56 rue de Varennes... Enfin, l'affiche. Plutôt la plaque commémorative, pour que les passants se souviennent que les amants avaient vécu là.

Encore faut-il que lesdits passants aient souvenir de qui furent Aragon et Elsa. (notre actualitté)

Pas peu fier du passé communiste d'Aragon - alors qu'il n'y a vraiment pas de quoi s'en vanter - Ian Brossat, président du groupe PCF/PG s'est récemment félicité que le Conseil de Paris accorde un nouveau don au poète qui à la fin de sa vie avançait masqué, parce que l'anti-âge, à cette époque, c'était pas encore ça.

Et de rappeler, pour le contexte : « En mars 2004, puis en juin 2009, les élus communistes de Paris avaient demandé que la Ville de Paris donne le nom de Louis Aragon à une place ou une rue de la capitale. »

Ainsi, une future place Aragon a été choisie, à l'extrémité nord-ouest de l'île de Saint-Louis, sous les fenêtres précisément d'Aurélien, le personnage du roman. (la partie ombrée sur la carte)


« Paris a joué un rôle essentiel dans l’œuvre et dans la vie de Louis Aragon, notamment dans ses romans Le paysan de Paris, Les beaux quartiers – et Aurélien. Grand intellectuel engagé, résistant, Louis Aragon incarne une poésie populaire, au croisement d’un idéal classique et des mouvements d’avant-garde de son époque. C’est à Paris, une ville qu’il a aimée et célébrée, qu’Aragon est mort en 1982. »

Chose amusante, Aurélien a été rédigé alors que les relations entre Elsa et Aragon n'étaient pas vraiment au beau fixe. Mais c'est aussi le retour de l'écrivain à une jeunesse surréaliste qu'il avait reniée - et pas qu'un peu...