Argentine : la contrefaçon de livres touche 20 à 30 % du secteur

Clément Solym - 28.09.2011

Edition - Société - argentine - pirater - livres


Choisie pour ses librairies, comme Capitale mondiale du livre 2011 par l'UNESCO, la ville de Buenos Aires est également récompensée pour tout le travail réalisé, encourageant ses habitants à la lecture. Une série de manifestations a débuté le 23 avril et doit se poursuivre jusqu'à l'an prochain.

Pour assumer pleinement cette responsabilité, la ville a aussi créé un pôle gouvernemental, entièrement dédié à la mise en place de ces opérations. Sa responsable, Luciana Blasco, explique que plus de 40 projets littéraires ont été lancés, tous axés sur la promotion du patrimoine littéraire de la ville.

Ainsi, les habitants ont pu découvrir la sculpture de Minujin, baptisé Torre de Babel de Libros, haute de 25 mètres et composée de 30.000 ouvrages de différentes langues.


Exemple de contrefaçon caractérisée
démasquée au Salon du livre de Paris

L'autre nouveauté est la distribution dans plus de 40 lecteurs ebook, dans les bibliothèques de la bille. Sebastián Noejovich, coordinateur du programme Opción Libros Buenos Aires, explique que ces appareils sont distribués avec 150 livres numériques tombés dans le domaine public.

C'est, évidemment, qu'à se poser la question du livre numérique, on en vient immédiatement à celle du piratage, un problème croissant dans le pays, selon les professionnels de l'édition. Sebastian précise que des données ont été recueillies auprès des éditeurs, pointant que le piratage impacte entre 20 et 30 % de leur société. Une estimation qui fait réaliser que l'on n'est plus dans l'épiphénomène...

Vanité des vanités

En novembre 2010, les autorités ont saisi 130.000 livres papier piratés, soit une valeur de 11 millions de pesos (soit près de 607.000 euros), une opération qui découlait d'une plainte déposée par les éditeurs Planeta, Santillanan et Urano. La plus grande saisie de livres contrefaits dans l'histoire de l'édition du pays, souligne Planeta.

C'est que les pirates font aussi un travail d'orfèvre, et les contrefaçons sont particulièrement difficiles à différencier des oeuvres originales. Surtout qu'avant 2003, le piratage de livres en Argentine était encore particulièrement faible. Les équipes de distribution de ces livres sont très organisées, et même si un libraire dénonce une cargaison de contrefaçons, les responsables se sont déjà évanouis dans la nature, et la police est impuissante, explique Carlos Pazos, directeur de la Fundacion El Libro.

Un projet de loi devrait voir le jour pour aider tout à la fois les experts à mieux faire leur travail, et les autorités à être plus efficaces. Mais l'autre pan du problème vient de ce que les libraires peuvent aussi vendre des livres de seconde main, sur lesquels il n'existe aucune législation, et à des tarifs particulièrement bas.

Restera alors la même problématique à gérer quand le numérique aura réellement pris son essor, alors que toutes les questions logistiques ne se poseront plus du tout. Pourra-t-on faire valoir l'éthique du pirate, qui prétend oeuvrer pour la diffusion et la libre circulation des savoirs ?




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.