Argentine : la mauvaise foi des nouvelles mesures protectionnistes

Clément Solym - 11.03.2012

Edition - International - Argentine - Kirchner - importations


Cristina Kirchner n'en démordra pas. 78 % des ouvrages circulant en Argentine imprimés à l'étranger, c'est beaucoup trop. Il s'agit maintenant d'encourager l'impression de livres à l'échelle locale, en réduisant fortement les importations de livres imprimés à l'étranger.

 

Mercredi dernier, le gouvernement a donc déclaré sa volonté de réglementer un peu plus l'importation de produits imprimés. Sur une décision du secrétariat au commerce intérieur, ceux-ci devront contenir « moins de 0,006 % de plomb pour 100g de masse non volatile ». Tout un programme.

 

L'Argentine avait déjà bloqué de nombreux livres imprimés à l'étranger à sa frontière (voir notre actualitté), dans le but de forcer les éditeurs locaux à imprimer dans le pays. Une mesure largement décriée, dans la mesure où elle fragilise la distribution et les échanges commerciaux avec les partenaires de l'Argentine.

 

Un contrôle systématique

 

Les distributeurs étrangers devront donc remplir à l'avance une fiche descriptive du produit qu'ils tentent d'importer, en précisant sa composition, et son taux de plomb. Le gouvernement se réserve le droit d'autoriser l'imprimé à circuler ou non sur son territoire, dans un délai de dix jours après le dépôt de la fiche.

 

 

Cette mesure pourrait nuire aux échanges commerciaux entre l'Union européenne et l'Argentine. La Chambre argentine du livre (CAL) et la Chambre argentine des publications (CAP) se sont plaintes de ces derniers développements.

 

L'Argentine risque une mise à l'écart

 

Après avoir connu une forte période de récession dès les années 1980, l'Argentine entend tenter d'augmenter son excédent commercial, qui enregistre une baisse continue depuis quelques années (-11 % entre 2010 et 2011). Suite au défaut de paiement qu'a connu le pays en 2001, les possibilités de crédit se font rares.

 

Il s'agit maintenant pour le gouvernement de Cristina Kirchner de mesurer dans quelle mesure cette décision n'influera pas négativement sur les échanges commerciaux avec l'Union européenne ou les pays du Mercosur. La présidente a réaffirmé qu'il n'était pas sacrilège pour un pays de contrôler ses échanges extérieurs. Le Paraguay a fait savoir il y a deux jours que les relations commerciales entre les deux pays risquaient de pâtir de telles mesures.