Arizona : les Librotraficantes, contre l'injustice et pour la liberté d'expression

Clément Solym - 13.05.2013

Edition - International - liberté d'expression - législation - Arizona


En Arizona, un mouvement de démocratisation de la lecture, et de lutte contre la censure, s'est fait connaître voilà plus d'un an. Les Librotraficantes sont nés en même temps que le projet de loi de l'État d'Arizona, HB 2281. Ce dernier condamne l'utilisation de manuels scolaires très spécifiques. Ainsi, tout ce qui prône le renversement du gouvernement américain ou encourage à la haine raciale est interdit.

 

 


 

 

Dans ce contexte, et avec ces simples éléments, on ne comprend pas très bien en quoi les Librotraficantes pourraient incarner un quelconque exemple. Eh bien, en observant de plus près la loi, également connue comme ARS 15-112, on se rend compte qu'elle met en place d'autres restrictions, qui sont pour le moins indélicates. 

 

Dans le cadre de cette législation, les manuels scolaires interdits ne doivent pas contenir de marque de solidarité envers des groupes ethniques, pas plus qu'ils ne doivent être réalisés pour un groupe ethnique. En revanche, la législation impose plusieurs choses qui ont donc motivé la création des Librotraficantes. La HB 2281 a en effet eu pour conséquence de fermer un programme d'études mené à Tucson, sur les groupes mexicains nés en Amérique.

 

De même, des bibliothèques ont vu leurs étagères vidées de livres, désormais considérés comme interdits. 

 

C'est un groupe d'enseignants qui a décidé de protester et de se battre contre ce projet de loi. Ces derniers ont donc décidé d'organiser des séances de lecture, des ateliers et de plus en plus de dons de livres. Tony Diaz, qui embarque le groupe, s'est vu récompensé par un prix de la liberté intellectuelle, le Robert B. Downs Intellectual Freedom Award. 

 

« L'une de mes grandes préoccupations était que cette loi anti-intellectuelle puisse se répondandre comme d'autres lois de l'Arizona l'ont fait avec d'autres États », explique-t-il. Pour l'instant, la traînée de poudre n'a pas encore pris, et les États voisins ne semblent pas encore en passe d'adopter cette mesure. En revanche, le groupe des Librotraficantes continue de lutter pour donner accès à des livres considérés désormais comme clandestins. 

 

Parmi eux, des textes dans lesquels on parle de l'immigration clandestine, des témoignages.  (via MPHBooks)

 

 

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