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Arnaud Lagardère : “Je ne modifierai pas la gouvernance de ma société” 

Camille Cado - 13.05.2020

Edition - Economie - lagadere amber capital - lagardere groupe demantelement - lagardere conflit actionnaire


Le 5 mai dernier, un chapitre riche en rebondissements boursiers s’est clos. Avec des appuis de taille, Arnaud Lagardère a finalement réussi à déjouer les plans d’Amber Capital, alors actionnaire principal du groupe, qui visait le renouvellement de tout le conseil de surveillance. Dans une interview accordée aux Échos, le fils du fondateur Lagardère revient sur ce bras de fer intense, avec un mot d’ordre : « Je ne modifierai pas la gouvernance de ma société sous pression. »
 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Pour rappel, l’annonce avait fait l’effet d’une bombe dans les hautes sphères boursières : l’actionnaire principal du groupe Lagardère appelait à la « transformation profonde de la société, de sa structure, de sa gouvernance et de sa stratégie ». Une décision que les investisseurs britanniques — qui seraient détenteurs d’environ 18 % du capital — expliquaient par des « performances économiques très en dessous de la moyenne » voire « une décennie d’erreurs stratégiques majeures ».

Arnaud Lagardère avait décidé de contrattaquer. Pour ce faire, il a donné l'impression d'une stratégie offensive avec des appuis de taille. Il s’est d’abord tourné vers le fonds souverain qatari, deuxième actionnaire de la société, avant de rechercher de nouveaux alliés : Vincent Bolloré, grand patron de Vivendi — donc du numéro 2 de l’édition, Editis, concurrent de Hachette Livre appartenant à Lagardère — et le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière.
 

Les résolutions d’Amber Capital rejetées en assemblée générale
 

Une stratégie qui s’est montrée concluante puisque l’offensive du fonds britannique a été officiellement déjouée le 5 mai dernier lors de l’assemblée générale du groupe Lagardère. Et ce, alors qu’Amber Capital avait lui aussi tenté de fédérer d’autres fonds. 

Dans une interview accordée aux Echos, Arnaud Lagardère explique que le fonds britannique, qui souhaitait renouveler le conseil de surveillance et revoir la structure du groupe — une société en commandite par actions — était surtout intéressé par le démantèlement du groupe.

« La commandite, ce n’est pas vraiment le sujet d’Amber » explique-t-il. « Leur sujet, c’est de gagner de l’argent, le plus vite possible, en démantelant le groupe. »

Et de justifier : « Je ne me suis jamais interdit de réfléchir sur la commandite. Mais ce n’est pas Amber qui va me précipiter à faire quelque chose que je ne veux pas faire. [...] Je ne modifierai pas la gouvernance de ma société sous pression. »
 

Un éventuel rapprochement entre Hachette Livre et Editis ?
 

« Je m’opposerai personnellement à tout démantèlement de mon groupe » reprend le gérant de Lagardère. Avant de revenir sur le soutien de Vivendi ou de Marc Ladreit de Lacharrière alors entré dans le capital. Il affirme qu’aucune contrepartie ne leur a été proposée. 
 

À saisir : l'un des cinq plus grands
éditeurs américains est en vente


« Nous souhaitons nous renforcer dans notre branche livre, mais à l’étranger » poursuit-il, avant d’expliquer qu’il pouvait envisager le rachat de la maison d’édition Simon & Schuster. « Si l’opportunité d’un rachat se présente, bien sûr qu’on ira. D’ailleurs nous sommes déjà présents aux États-Unis. Tous les acteurs du livre regardent le dossier. »

Sauf qu'un article particulièrement soigné dans Mediapart a mis le feu aux poudres. [Ndlr : il s'agit d'un billet hébergé à travers le Club Médiapart, qui n'engage en effet par la rédaction de Médiapart, mais n'en demeure pas moins remarquable de précision tant dans les informations que l'analyse]

Il semblerait bien que le projet n’appartienne plus à Arnaud Lagardère, mais bien à Vincent Bolloré. Ce dernier aurait en tête un rapprochement des deux structures, Editis et Hachette, en préservant le meilleur des deux mondes. Et le démantèlement se ferait alors, par la force des choses, que ce soit pour Lagardère Retail, ou encore sur la presse…
 




Commentaires
"Sauf qu'un article particulièrement soigné dans Mediapart a mis le feu aux poudres"



Ben non ! Votre lien pointe vers un billet du blog d'Emmanuel Schwartzenberg (blog hébergé sur le site de Mediapart) et non sur un article de la rédaction comme le laisse entendre votre formulation !

L'eussiez-vous lu jusqu'au bout, vous eussiez peut-être repéré la mention "Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction."...
Bonjour (on oublie tellement souvent ces évidences... wink)



Il est noté "dans Médiapart" et non "de Médiapart". Mais en regard de l'effort de pointillisme dont vous faites preuve, nous allons le préciser, avec plaisir.



Ensuite, c'est en effet un billet de ES, qui a été lu ici, et ailleurs, sans aucun doute. Et ce dernier est ancien directeur des pages Médias-publicité du Figaro. Remettre en cause sa remarquable analyse serait une grave erreur.

Et s'arrêter à ce qu'il s'agit d'un billet dans le Club en serait une autre, eu égard à la pertinence du propos, je persiste.
(Re-)bonjour,

""Il est noté "dans Médiapart" et non "de Médiapart".", me répondez-vous. J'avais bien vu. Voilà pourquoi j'ai écrit "comme le laisse entendre votre formulation" (au lieu de, par exemple, "comme vous le dites".)

Et je ne me fais pas d'illusions sur le pouvoir de mes beaux yeux (pardon de mon "pointillisme"), si vous trouviez la formulation dans votre article irréprochable, vous n'auriez pas ajouté la précision (merci) !



N'ayant par ailleurs pas émis le moindre début de critique sur la pertinence de l'analyse d'ES, je peine à comprendre vos deux derniers paragraphes.



Quant à votre "Bonjour", je vous en remercie. Vous l'oubliez vous-même si régulièrement dans vos commentaires que je sais que vous ne me tenez pas rigueur de l'oublier moi-même !



Bonne soirée.
Quand les requins se dévorent entre eux...

Je pense que cela relativise leurs préoccupations à s'occuper du premier maillon de la chaîne tongue wink
On peut aussi mentionner un article du Canard Enchaîné qui détaillait la manœuvre en cours, où les Qataris (actionnaires principaux maintenant) sont très mécontents de la tournure des évènements depuis que l’héritier dilapide par son incompétence et son train de vie, toute la valeur du groupe créée par son père ( valeur boursière passée de un peu plus de 11 à 7 milliards €). Arrive alors un banquier d'affaires qui joue l’entremetteur étant en amitié totalement intéressée avec les sus-dits et Vincent Bolloré en la personne de Nicolas Sarkozy.

La pièce est en cours le premier acte avec Amber Capital est fini les actes suivants (démantèlement du groupe Hachette, seule l’édition et les boutiques relay sont rentables) vont se poursuivre en laissant à chaque personnalité en question les commissions négociées pour que tout le monde soit satisfait, à l’exception des employés de ces différentes sociétés

qui se retrouveront à Pôle Emploi. Le hiatus dans l’édition va être conséquent, les deux plus gros du marché français sont Hachette (encore propriété de Lagardère pour l’instant) et Editis (du groupe Vivendi propriété de Vincent Bolloré). La success story ou la tragédie est à suivre.
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