Arnaud Nourry : prévenir la spirale de la dévalorisation du livre

Clément Solym - 08.04.2011

Edition - Justice - droits - auteur - numérique


En guise de préambule au Sommet mondial du droit d’auteur, qui se déroulera le 7 juin prochain, la CISAC (Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs) a interrogé Arnaud Nourry, PDG du groupe Hachette Livre et futur intervenant du Sommet, sur sa vision du numérique et des problèmes que ce nouveau support entraîne concernant les droits d’auteur.

« Face à la déferlante numérique, il est indispensable aujourd’hui que l’édition examine à l’échelle mondiale la question du droit d’auteur. »
Nourry, par ces mots, entre de plein pied dans la polémique autour de l’extraterritorialité de la loi sur le prix du livre numérique. (notre actualitté)

Il semble prendre position en faveur de systèmes multiples : « Il n’y a pas « un » droit d’auteur, mais « des » droits d’auteur. Tout mouvement vers l’uniformisation des systèmes de propriété intellectuelle ramènerait vers le plus petit commun dénominateur et conduirait à l’appauvrissement de la chaîne de l’édition. Alors même que cette pluralité de systèmes juridiques est compatible avec le numérique. »
 

En dehors de ces questions juridiques, le numérique bouleverse l’ensemble du marché du livre et la seule règle à suivre, selon Nourry, pour survivre et même profiter du changement, c’est avant tout celle de l’anticipation. Pour une maison d’édition, « anticiper c’est numériser toutes les nouveautés et les catalogues pour que les utilisateurs de tablettes, smartphones et liseuses trouvent de quoi alimenter leurs équipements avec une offre attractive et ne soient pas tentés par le piratage ».

Question d'habitudes

En effet, selon l’étude d’Ipsos et de Livres hebdo sur les habitudes numériques, les français sont largement freinés par l’offre encore trop restreinte (notre actualitté), ce qui se traduit soit par une augmentation du piratage comme l’explique Nourry, soit et plus généralement, par une baisse de l’intérêt pour le numérique.

Puis, visant directement les grands groupes comme Google et Amazon, Nourry explique qu’anticiper, c’est aussi « assurer une distribution diversifiée de nos œuvres avant qu’un géant des télécoms ou du numérique ne fasse du livre un produit d’appel parmi d’autres »


Illustration, Le PiXX

Il conclut, revenant à la loi sur le prix unique du livre numérique, en affirmant qu’anticiper, c’est enfin « garder le contrôle sur le prix de vente des œuvres pour empêcher que ne s’installe la spirale de la dévalorisation. »

La valeur avant tout

En effet, selon Nourry, le téléchargement gratuit et le téléchargement illégal entrainent une perte de valeur de l’objet. « Gardons à l’esprit les épreuves subies par certaines industries culturelles avec le passage au numérique : maintenir la valeur est aussi prioritaire que de créer de la valeur. Si l’édition quant à elle parvient à instaurer dans le numérique l’écosystème qui respecte la dimension culturelle du livre (offre attractive, politique de prix, et distribution diversifiée) alors il sera possible de créer de la valeur. »

Toutes ces idées seront discutées plus largement lors du Sommet mondial du droit d’auteur, le 7 juin prochain. Affaire à suivre.



Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.