Arrêtés voilà 80 ans, pour un sit-in devant une bibliothèque : ils étaient noirs

Cécile Mazin - 22.10.2019

Edition - Bibliothèques - arrestation hommes noirs - bibliothèque ségrégation raciale - justice droit bibliothèque


En plein cœur de la ségrégation raciale qui sévissait aux États-Unis, un scandale. Cinq hommes, afro-américains, s’assoient sur les marches de la bibliothèque d’Alexandrie, sur Queen Street (Virginie). Nous sommes en 1939. À l’époque, les noirs n’avaient pas accès aux cartes de bibliothèque…


crédit Bibliothèque d'Alexandrie
 

Il ne s’agissait pas à proprement parler d’une manifestation, plutôt d’un sit-in : les cinq jeunes hommes avaient pris place sur les marches de l’établissement, pour protester. Mais leur présence provoqua un tollé : rapidement, un attroupement se forme et les autorités décident d’en appeler aux forces de l’ordre. La police va intervenir, pour arrêter les cinq hommes, accusés de trouble à l’ordre public. 

« Ils n’ont rien fait d’autre que s’asseoir et lire un livre », rapporte l’avocat Bryan Porter, qui portait l’affaire depuis ces dernières années. « Évidemment, il s’agit d’une action — mais elle reste très opportune et appropriée. »
 

Rendre justice, enfin


En matière de cold case, ce cafouillage juridico-raciste se place là : en effet, les charges retenues viennent d’être abandonnées, quelque 80 ans après l’arrestation. Les responsables municipaux viennent en effet de présenter aux descendants des excuses, et un casier blanchi. 

En outre, une ordonnance du juge indique que les cinq hommes « étaient assis paisiblement devant une bibliothèque, à lire des livres… et n’étaient en aucune manière en train de troubler l’ordre public ni susceptible d’entraîner des actes de violence ». 

De fait, aucune loi n’avait été violée, pas plus que les accusations n’auraient dû être retenues contre eux. 

Aujourd’hui, dans le Black History Museum et ailleurs en ville, cet épisode est resté fameux. En 2009, le musée avait consacré une exposition à ce qui était survenu — ajoutant des coupures de presse de l’époque pour mieux contextualiser le scandale. 

Désormais, William Evans, Edward Gaddis, Morris Murray, Clarence Strange et Otto Tucker voient leur mémoire lavée. Ce dernier était d’ailleurs à l’origine de ce regroupement, où 11 hommes devaient se rendre. Seuls les cinq arrêtés furent de la partie, pour cette sortie méticuleusement orchestrée et planifiée. 

« Ce qui m’a le plus émue, c’est que cela a pris 80 ans », souligne Deborah McSwain, descendante d’un manifestant. « Mais c’est vraiment merveilleux que cela se produise de mon vivant. » 

via The Washington Post


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