Arthur C. Clarke : en 2100, une autre histoire de l'humanité débutera

Clément Solym - 29.01.2015

Edition - Société - Arthur C. Clarke - exploration spatiale - planètes voyages


2001 Odyséee de l'espace incarnait déjà, en soi, une anticipation furieuse des relations entre l'homme et la machine, sur fond de conquête de l'espace. Mais Arthur C. Clarke ne s'arrêta pas en si bon chemin. Ses visions de l'avenir avaient quelque chose de la prophétie attendant patiemment de s'accomplir, comme on a déjà pu le remarquer. Rendez-vous aujourd'hui en 2100, avec un siècle de projections, pas vraiment saugrenues.

 

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Quelque part... - Sweetie187, CC BY 2.0

 

 

En 1964, Arthur, sollicité par la BBC Horizon, livrait déjà une série de commentaires sur le devenir de l'espèce humaine et notamment dans le développement des moyens de communication. Évoquant les satellites, il imagine un monde interconnecté où des interlocuteurs peuvent communiquer sans contrainte géographique d'un bout à l'autre de la planète, dans lequel on peut sans problème travailler à distance, pointant notamment le cas des opérations chirurgicales. 

 

Sur le site dédié à l'auteur, on pourra également retrouver un agenda (?) des prochains grands rendez-vous de l'histoire, jusqu'en 2100, où « L'histoire commence... », lit-on mystérieusement. 

 

Ses visions du futur ne sont pas nécessairement très gaies : pour 2020, par exemple, il envisageait la destruction des côtes du Groenland et du Canada, incitant l'humanité à mieux développer... la détection de météorites, menaçant de s'abattre sur la planète. Entre temps, nous aurons inventé une monnaie universelle, qui devrait être en mesure de régler bien des problèmes dans l'économie mondiale.

 

Dix ans plus tard, il voyait l'intelligence artificielle parvenue à atteindre le niveau humain, mais également les modifications ADN, générées par ordinateur, ou encore le premier atterrissage sur mars. Rappelons que pour l'heure, la sonde Mars 3 a mis le pied mécanique sur la grosse rouge, en décembre 1971, mais rien de plus. 

 

Entre 2040 et 2050, la foule des inventions comptera sur un « réplicateur universel », en mesure de reproduire n'importe quel objet du quotidien, et supprimant toute forme de travail, donc une explosion des arts, du divertissement et de l'éducation. Par la suite, les maisons mobiles voient le jour, et une première vague de dispersion humaine s'effectue dans différentes planètes et satellites du système solaire. De quoi célébrer festivement le centenaire de Spoutnik, premier du nom, le 4 octobre 2057. 

 

Ce n'est qu'en 2061 que l'on découvrira une forme de vie extraterrestre, avec le retour de la comète de Halley – il n'est pas dit que ce sera elle qui confirmera cette information toutefois. En revanche, une trentaine d'années plus tard, les combustibles fossiles sont repris, pour tenter de reporter la prochaine ère glaciaire en favorisant le réchauffement climatique. Les écologistes contemporains vont sourire.

 

En revanche, sommet de l'évolution dans les déplacements humains, 2095 apporte le voyage à la vitesse de la lumière, et permet alors à l'Humanité de quitter son berceau, pour aboutir à de nouvelles perspectives. Partant à destination d'étoiles proches de notre système solaire, des explorateurs, boussole et carte en main, iront découvrir le vaste univers.

 

De quoi comprendre qu'en effet, tout ne commencera qu'en 2100. Ou plutôt, une nouvelle histoire. (via Open Culture)