Arthur Miller contre les hypocrites pleurant la mort de Marilyn Monroe

Laure Besnier - 25.01.2018

Edition - Bibliothèques - Marilyn Monroe - Arthur Miller - Archives Centre Ransom


En 1962, dans un essai inédit, Arthur Miller s'insurge contre les « pleureurs publics » qui déplorent la mort de son ex-femme, Marilyn Monroe. Un écrit qui n’aurait pas été aussi facilement découvert sans l’acquisition des archives du dramaturge par le centre de recherche et musée Harry Ransom, de l’Université du Texas à Austin. 

 
Domaine public


« Elle a été détruite par beaucoup de choses et certaines de ces choses sont vous. Et certaines de ces choses vous détruisent. Vous détruisent maintenant. Maintenant que vous êtes là à pleurer et à gouailler, heureux que ce ne soit pas vous qui soyez enterrés, heureux que ce soit cette jolie fille que vous avez enfin réussi à tuer ». La colère que ressent Arthur Miller, après la mort de sa seconde femme, Marilyn Monroe, explose dans ce manuscrit jamais publié et daté de 1962. 
 

Marilyn Monroe et Arthur Miller en voyage à Paris, en 1957


Le dramaturge et l’icône américaine furent mariés entre 1956 et 1961. L’actrice décède en 1962, chez elle, à Brentwood (Los Angeles), à 36 ans. Si, à l’époque, le médecin légiste conclut à un empoisonnement aux barbituriques ainsi qu’à un suicide probable, les circonstances de sa disparition restent un mystère et font toujours couler de l’encre.

« Au lieu de me rendre aux funérailles pour me faire prendre en photo, j’ai décidé de rester à la maison et de laisser les pleureurs publics finir la moquerie. Ce n’est pas que tout le monde là-bas sera faux, mais assez. La plupart d’entre eux l’ont détruite, mesdames et messieurs » continue Arthur Miller dans l’essai découvert dans les archives du Centre Ransom. 

Le biographe d’Arthur Miller, Christopher Bigsby a en effet indiqué à The Independent que le dramaturge pensait qu’Hollywood avait détruit Marilyn. « Elle a été meurtrie, traitée avec un profond manque de respect et a circulé comme une sorte de produit quand elle était à Hollywood » explique le professeur.

Arthur Miller Papers, Harry Ransom Center


« L’ironie était que c’était un monde qu’elle ne pouvait pas quitter. Le monde du cinéma est l’endroit où elle est devenue elle-même, où elle existait, parce qu’elle était quelqu’un, même si ce quelqu’un était un artifice construit pour elle par Hollywood. Elle sentait que quand elle était "Marilyn", les gens lui donnaient du respect et de l’attention, ce qu’elle pensait peut-être à tort être de l’amour – quelque chose qu’elle pensait n’avoir jamais reçu quand elle grandissait. »

Lors des funérailles de Marilyn, seulement 31 personnes étaient invitées, mais une foule de 500 personnes s'est rassemblée devant les portes du cimetière. Arthur Miller était absent, dénonçant « un cirque de caméras et de cris et de sauvagerie ». 
 

Marilyn Monroe et Arthur Miller en voyage à Paris, en 1957


Il faut rappeler que la relation du dramaturge et de l’icône avait souvent été tournée en dérision par la presse. Cette dernière suggérait même qu’Arthur Miller avait épousé Marilyn pour son argent ou pour avoir une bonne publicité alors qu’il refusait de nommer des communistes au Comité des activités antiaméricaines, au temps du Maccarthysme. 

Les archives d’Arthur Miller continuent donc de faire parler sa vie, celle d’une figure majeure de la littérature et du cinéma américain au XXe siècle, ancrée dans l’histoire d'Hollywood. 


Via The Independent, The Guardian


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.