ASFORED : le BTS de l'édition dans la tourmente... en silence

Clément Solym - 21.09.2011

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L'Asfored compte parmi les formations dispensées pour appréhender et entrer dans les univers de l'édition en France. Proposant tout à la fois un BTS et une formation continue à destination des professionnels, l'établissement a connu de sacrées secousses ces derniers mois. Petit état des lieux...

On parle d'un manque total de communication. On évoque aussi de gros problèmes de management, conséquences directes d'une direction murée dans sa tour d'ivoire. On parle de licenciements de formateurs en cette rentrée scolaire, déjà bien entamée.

L'établissement, dirigé par Aïda Diab vit - ou du moins a vécu - des heures assez mouvementées, tout en essayant de faire passer le message suivant : tout va bien, personne ne doit s'affoler.


Depuis plusieurs semaines, ActuaLitté tente d'établir une chronologie des événements qui ont agité tout au long de l'année passée le BTS de l'édition, créé en 1978, à la demande du Syndicat national de l'édition. Le SNE nous a assuré n'avoir plus de relation directe avec le BTS, pas plus qu'avec la formation continue, destinée aux professionnels de l'édition.

Le plus dur, c'est pas la chute, c'est le décollage...

Mais les événements se chevauchent et se superposent diablement. Il semble que le feu ait été mis aux poudres au moment où une formatrice s'est fait refouler du BTS - mais pas de la formation continue - par la directrice en personne. Le prétexte avancé fait encore sourire jaune ceux qui sont au courant. Un élément déclencheur, mis à jour par les élèves, lorsqu'ils ont mis la main sur l'emploi du temps et l'organigramme des enseignants - et découvert l'absence de la formatrice en question.

Le président de l'Asfored lui-même, François de Waresquiel, PDG de Citadelles & Mazenod avait été pris à parti dans cette affaire, les élèves, fin juin, se plaignant entre autres de ce que les horaires d'accès aux postes informatiques avaient été réduits. Sa réponse avait alors été nette : supprimer, dans les renseignements donnés sur l'Asfored, la mention de cet accès aux postes.

Et sur Facebook, d'être aujourd'hui interpellé :
M. de Waresquiel, au lieu de vous exprimer dans la presse professionnelle, ayez un minimum de considération pour les anciens étudiants de l'Asfored qui vous ont adressé plusieurs lettres auxquelles vous n'avez même pas pris la peine de répondre. Le malaise n'a pas disparu parce que vous refusez de le voir, prenez vos responsabilités et ouvrez le débat avec les principaux concernés !
Or, voilà deux semaines, une soirée de communication avait été organisée, au cours de laquelle le président devait mettre au point les sujets problématiques. Manifestement, les étudiants - premiers intéressés par cet échange - ont décidé de ne pas se rendre à cette invitation. Cependant, Livres Hebdo, cite le président, qui explique que les élèves n'étaient pas invités à cette soirée, tout simplement parce que les diplômes n'avaient pas été reçus. Du côté des élèves, on avancerait plutôt que l'on avait boycotté cette petite sauterie entre amis...

Des revendications au silence radio

Depuis les premiers mouvements provoqués par la colère des étudiants, se considérant comme maltraités, ou avec bien peu d'égards par la direction, une page Facebook a été ouverte, en Soutien aux formateurs de l'Asfored.

Si elle a recueilli bon nombre de posts dans ses premiers temps, on nous explique que depuis plusieurs semaines, les élèves encore en formation [NdR : le BTS se déroule sur deux années] « n'osent plus réagir ». De fait, la directrice aurait réussi à faire pression suffisament, pour que ces derniers n'émettent plus d'avis sur la situation de l'Asfored. Facebook et les posts affichés pourraient, a-t-on pu entendre alors, porter préjudice à la carrière future des élèves, ou encore seraient mal vus de la part des professionnels.

De quoi s'inquiéter de la manière dont les choses sont gérées en interne, effectivement.

Ce qui semble particulièrement troublant, si l'on oublie de compter que le président n'a jamais pris le temps de répondre aux lettres des étudiants, c'est que l'Asfored forme normalement à un secteur où la liberté d'expression est première. Or, à plus d'un titre, et selon nos informations, on serait plutôt dans le cas d'un système qui tente de museler l'expression des élèves, pour assurer une façade bien lisse.

Ménager le management

Reste que du côté des formateurs, certains ont décidé de démissionner, devant des décisions de management contestables. Quant aux départs forcés, ils seraient motivés, selon la directrice, par la volonté de moderniser l'équipe et son enseignement, notamment en travaillant à la refonte du référentiel [NdR : le programme]. Ajoutons à cela que la directrice a pu porter plainte pour diffamation contre l'un d'entre eux... Définitivement, la situation n'est pas claire.

Sollicitée par ActuaLitté pour un rendez-vous, Aïda Diab n'a pas encore répondu à notre demande. Difficile de faire le clair sur cette histoire, si l'on souhaite avoir une vision complète de ce qui se trame.

On pourra se plonger avec délice dans ces méandres d'annonces et de contre-annonces, sur la page Facebook. En espérant que nos demandes d'entretien aboutissent, pour donner suite à cet article...