Assassinat de Jamal Khashoggi : rembourser l'argent sali de l'Arabie saoudite

Clément Solym - 14.03.2019

Edition - Justice - agence américaine investissement - Arabie saoudite meurtre - journaliste assassinat Khashoggi


Début octobre 2018, le journaliste Jamal Khashoggi a été assassiné au consulat d’Arabie saoudite, à Istanbul. Les informations communiquées par la justice turque ont été longues à venir, mais c’est finalement bien vers le prince héritier Mohammed ben Salmane que les accusations ont pointé. La mort par étranglement, tout de même, pouvait diplomatiquement rester en travers de la gorge. Surtout d’une agence littéraire.

Dollars
401(K) 2012, CC BY SA 2.0
 

Basée en Californie, l’Endeavor Talent Agency a été fondée en mars 1995. Elle avait par le passé reçu la coquette somme de 400 millions $, émanant de l’Arabie saoudite : un investissement bienvenu à l’époque. Mais cet argent, souillé par le sang du journaliste tué, commençait à peser lourd. 
 

De ces amitiés que l'on regrette 


On apprend ainsi qu’Ari Emanuel, propriétaire de l’agence, vient de racheter l’ensemble de l’investissement réalisé par l’Arabie saoudite. Pour dénoncer le meurtre de Jamal Khashoggi.

Tout remonte à une soirée organisée au printemps 2018 : plusieurs sommités et chefs d’entreprise comme Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, ou le directeur général de Disney, Robert A. Iger, et même l’ex-star de la NBA, Kobe Bryant, s’y retrouvaient. La soirée, donnée à Hollywood pour le prince héritier, était des plus savoureuses raconte-t-on.

Dans les coulisses, Endeavor négociait un contrat de 400 millions $, versé par le fonds d’investissement du gouvernement saoudien. D’un côté, l’agence voyait sa croissance largement financée, de l’autre, l’Arabie saoudite diversifiait ses participations dans des secteurs culturels. À savoir le mannequinat, la production audiovisuelle (télé et cinéma) ou encore le sport et l’événementiel. 
 

Un meurtre encore inexpliqué ?


Ce que l’on sait à cette heure, c’est que le prince héritier s’était efforcé, par ces différents investissements, de transformer la dépendance de son royaume, liée à la vente de pétrole. Il avait d’ailleurs rencontré une foule de personnalités politiques, de chefs d’entreprises et de célébrités au cours de son voyage en 2018 aux États-Unis. Nombre d’entre eux l’avaient alors accueilli comme un partenaire commercial sérieux et une personnalité novatrice au Moyen-Orient.

Sauf qu’un an à peine plus tard, les relations sont tendues, du fait de cet assassinat. 

Les détails n’ont pas été dévoilés, mais plusieurs investisseurs auraient donné un coup de pouce à Ari Emanuel pour l’aider à rembourser cet investissement. Inquiet de la réaction que les Saoudiens pourraient avoir, il aurait commencé à voyager avec des gardes du corps. 

À cette heure, l’enquête n’a toujours pas été résolue : 36 pays viennent de demander à l’ONU d’intervenir, pour que l’affaire soit rapidement et efficacement réglée. De son côté, l’Arabie saoudite dénonce une ingérence et une attaque à sa souveraineté, sous couvert de défense des droits humains. 


via New York Times


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